Je suis ce dimanche à Ellemelle, petit village situé à quelques kilomètres un peu plus au nord que ma destination de marche précédente qui ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable d’organisation avec ses kilomètres de lignes droites sur béton et macadam.
Du coup, je remets le couvert pour tenter de trouver une marche un peu plus positive qui me réconciliera avec la région !

Quant au titre de ce compte-rendu d’activité, je vous laisse quelques instants de réflexion !
😉

Je réponds à l’invitation des « Foyons »
En patois régional, les foyons, ce sont des taupes !!!
C’est un surnom que leurs voisins donnaient il y a longtemps aux habitants d’Ellemelle.
Ils les appelaient plus exactement les « Terreux d’foyons », « Ceux qui enterrent les taupes » !
La légende raconte qu’un jour, un taupe fit d’énormes dégâts dans les jardins des seigneurs et notables régionaux. Il fut donc décidé de s’en débarrasser une bonne fois pour toutes. Des taupes, bien sur ! Pas des seigneurs. Ca, ce sera pour plus tard !
Un brave taupier arriva un jour à la piéger et, vu la taille de la bête, il ne la coupa pas en deux comme il en avait l’habitude avec le tranchant de sa bêche, mais vu l’ampleur des dégâts occasionnés, préféra laisser la justice et l’assemblée des notables de la commune décider de son sort.
Le jugement le plus grave pour des criminels était alors de les enterrer vivants.
C’est donc ce châtiment qui fut prononcé pour la taupe. Elle fut enterrée… vivante.
L’avocat de la taupe n’alla bien entendu pas en appel !

Cette petite anecdote nous rappelle que les guéguerres entre villages étaient courantes à cette époque et que certains habitants ne prenaient pas toujours leurs voisins pour les plus futés de la région. Cela dit, il y a fort à parier qu’à Ellemelle aussi on affublait les populations voisines de petits sobriquets pour toujours sympas !
Mais cela nous apprend aussi qu’aujourd’hui, à Ellemelle, ils ne sont pas rancuniers et ont appris à en sourire. 😉

Dans le village, beaucoup de châteaux-fermes, de fermes-châteaux, et inversement !
Mais aussi, comme je l’ai écrit la semaine passée, beaucoup de châteaux. On le verra plus loin.

L’église du coin est dédiée à sainte Anne, mère de la Vierge Marie et sainte patronne des mères au foyer, en raison de la bonne éducation qu’elle a prodigué à sa fille ! Logique !

Bon, vu l’expérience passée, je ne doutais pas que nous aurions quand même quelques  «routes en dur ». Mais c’était plutôt raisonnable. 😉

Même si je préfèrerai toujours ce genre de chemins !

Euh… Non… No comment !
Ce n’est pas parce que je n’aime pas les cyclos que je leur souhaite le pire… ou de perdre le casque qu’ils n’ont pas mis pour rouler ! 😏

Le premier des châteaux sur mon chemin, le château de Houchenée.

Ici, malheureusement, l’actualité se rappelle à moi.
Les fumées de l’incendie dans les Fagnes sont perceptibles ici aussi.
Aucune nuisance particulière, mais par moments un odeur de brûlé qui devrait inciter tout le monde à la plus grande prudence, sauf peut-être, hélas, les plus cons qui n’en ont rien à cirer ou qui sont payés pour !

Ci dessous, le château de Baugnée

Les gens sympas de ma matinée…
Je prends rarement en photo des gens sans leur demander leur accord, et encore moins lorsqu’ils ne font pas partie des marcheurs.

– Moi: « Bonjour ! Cela ne dérange personne que je vous prenne en photo? »
– Le cavalier: « Non, bien sûr. »
– Moi:  » Parce qu’entre nous, je préfère vous voir vous que des cyclos ! 😉 »
– Le cavalier: « Moi aussi ! 🙂 »

J’adore ce genre de rencontres avec des gens qui aiment vraiment la nature.

Petite chapelle Notre-Dame au Bois où, emporté par mon élan d’intérêt potalistique, j’ai failli rater la bifurcation vers le centre du village de Fraiture-en-Condroz

… et sa magnifique église saint Remacle… hélas fermée.

Rien à voir avec un château, voici La Pompe. Jolie, mais elle n’abreuvera ni les fleurs, ni les assoiffés !

A Fraiture aussi, les grandes fermes sont nombreuses. Ici, la Ferme des Trois Tilleuls.
Les tilleuls passent, mais heureusement, les belles fermes restent .

Petit détour et prolongation par la Grosse Pierre d’Ellemelle
Ce n’est pas sur l’itinéraire, mais puisque je n’en suis pas loin, pourquoi ne pas aller voir cela de plus près.
Il s’agit de ce qu’on appelle un monolithe qui, d’après certains, reposait autrefois sur trois pierres plus petites et que la tradition appelait «la pierre où l’on saignait les gens à mort» ou « pierre du diable ». En clair, il s’agissait d’un autel où on faisait des sacrifices !
Pour d’autres, bien plus savants que poètes, ils ont préféré croire qu’il s’agissait d’une pierre erratique, c’est-à-dire un gros bloc de roche déplacé souvent sur de longues distances à l’époque glaciaire et resté sur place après la fonte des glaces. Celui-ci fait plus ou moins 7m sur 6.
Avantage aux points pour les scientifiques, il faut bien avouer que pour une table d’autel, ça fait un peu beaucoup. 😉

Le Donjon de Lizin !
Toutes les propriétés de seigneurs n’étaient pas toujours de grands châteaux en haut des rochers ou des collines. C’étaient parfois de petites maisons fortifiées comme par exemple celle ci, qui était entourée de marécages, protégée par des douves et avec un pont-levis qui permettait d’y accéder !

A l’arrivée, beaucoup plus de monde qu’au matin !
Heureusement, j’avais prévu le coup et en même temps que mon kaoua matinal, j’avais acheté un jeton pour une Lupulus Organicus, un breuvage que je ne connaissais pas encore ! !
Vu le monde qui attendait, je m’en passerai et garderai le jeton pour l’année prochaine ! 😉

En tout ca, c’était une belle marche. Je ne vous enterrerai pas aussi vite que vos voisins ! Il y a probablement bien d’autres choses à voir dans les environs.
A bientôt les gens ! 😉

Et pour en revenir au début, Ellemelle est un palindrome, c’est-à-dire un mot qu’on peut lire de gauche à droite, tout comme de droite à gauche !!!
Et comme c’est rare, c’est pas forcément plus cher, mais c’est forcément intéressant ! 🙂