Pour moi, une « belle» marche, c’est marcher « utile », c’est une marche où je peux apprendre quelque chose, où je peux voir quelque chose que je n’ai pas encore observé ailleurs.
Marcher droit devant moi en regardant mes pieds ou courir pour arriver le plus rapidement possible à l’arrivée, ce ne sera pour moi jamais une belle marche. Cela, c’est plutôt à classer dans la catégorie du sport !

Pour que cela se passe le mieux possible selon mes critères, je prépare donc mes destinations quelques jours à l’avance. J’ai le temps, je suis retraité ! 😉
Avant d’arrêter mon choix, même si ce n’est jamais définitif, je vérifie si je n’y suis pas déjà allé, si j’y suis déjà passé, s’il y a un musée ou un site à visiter.
Je me renseigne sur tout ce qu’il y a à voir dans les environs, histoire de pouvoir faire un petit détour au cas où l’itinéraire passerait à proximité, je vérifie dans mes anciennes photos, sur mon blog, sur internet, dans des livres, sur mes cartes. J’imprime ma propre carte, car les organisateurs n’en prévoient pas toujours ! Ce n’est pas un reproche, seulement une constatation !

Il n’est bien sûr pas toujours possible de prévoir dans quelle direction autour du point de départ se déroulera la marche, et je compte alors sur la chance pour me réserver quelques surprises.

Saint-Hubert, j’y suis déjà passé quelques fois, notamment lors des étapes de la Marche du Souvenir, devenue aujourd’hui la MESA (Marche Européenne du Souvenir et de l’Amitié).
Mais bon, c’est un autre sujet, revenons-en à celui du jour !

Départ au hall des Sports où j’arrive vers 07:15. 
Petit coup d’œil sur la carte de l’itinéraire et première petite déception ! Rien de ce que j’ai préparé ne correspond à l’itinéraire emprunté ce jour-là ! Donc, aucune petite anecdote, aucun fait historique à vous raconter, aucun site à vous faire visiter ! Rien !
Pas de chance. On ne peut pas gagner à tous les coups !
Et en plus, le kaoua n’est pas encore prêt ! 😊

L’itinéraire se déroule dans le sens contraire des aiguilles d’une montre en partant vers le sud-est de la ville, donc de l’autre côté de la N89.

On traverse quelques jolis bois de feuillus, mais aussi quelques horribles plantations d’épicéas que je ne vous montre même pas, pour arriver aux abords de Vesqueville d’où on a droit à un beau panorama.
Nous retournons rapidement dans les bois.

Je préfère comme beaucoup de personnes les petits sentiers aux routes asphaltées, mais j’avoue que cela devient parfois un peu monotone. Rien ne ressemble plus à un bois qu’un autre bois et une longue ligne droite à une autre longue ligne droite. Du coup, tout ce qui sort de l’ordinaire est prétexte à une photo. Ci dessous: un chalet d’observation de la nature pour les écoliers de Vesqueville !

Au bout d’une de ces longues lignes droites dans le Bois de Vesqueville, j’arrive à la N848 qui relie Saint-Hubert à Martelange.
Un véhicule s’arrête et une dame bâtie comme un bûcheron m’interpelle !
Je ne sais pas si c’est une garde forestière, mais je comprends qu’elle est responsable de la chasse dans le secteur. Elle regrette de n’avoir pas été prévenue par les organisateurs de notre passage dans ce coin. Il faut dire que l’époque du brame des cerfs est proche et que les plus pressés d’entre eux sont déjà sur les rangs pour perpétuer l’espèce ! L’Amour n’attend pas !
Au moment de me remettre en route, au vu de l’itinéraire que je lui ai montré, elle me promet bien du plaisir.
Et du plaisir, j’en aurai 😊

Sur plus d’un kilomètre, le chemin est complètement défoncé. Les camions de débardage sont récemment passés et repassés par-là, rendant impossible la progression sur ce chemin boueux, et comme si ce n’était pas suffisant, il a plu une bonne partie de la nuit !
C’est dans un cas comme celui-là que mon bâton se révèle être des plus utiles. Je sonde le terrain avant de faire un pas. Mais même si une bonne partie de la boue liquide a été projetée sur le  bord du chemin, autorisant par endroits la pose d’un pied sur un malheureux morceau de rocher qui affleure, pour le pied suivant, le bâton s’enfonce parfois de 15 à 20 cm ! Et sans forcer ! Il me faut alors revenir en arrière et tenter de rejoindre des endroits un peu plus praticables d’un côté ou l’autre le long du chemin à l’intérieur du bois.

Comme d’autres qui me suivront et me dépasseront, je préfère continuer dans les broussailles humides en levant bien haut les pieds pour ne pas choper une branche morte cachée par cette végétation ou des branchages tombés plus récemment !

Ce sera la partie la plus difficile et la plus lente du parcours, mais aussi la plus marrante !
Surtout lorsque des j’entends une « compétitrice » râler sur les véhicules qui saccagent les chemins ! Eh oui, madame, les forêts ne sont pas réservées qu’aux sportifs, des gens y travaillent aussi !
Le reste du parcours sera nettement plus facile.

Au loin, j’entends un cerf faire quelques vocalises avant les grands combats !
Elle avait raison la garde-chasse. Les passages dans ces forêts seront bientôt limités, voire interdits pendant cette période ! J’ai bien fait de venir aujourd’hui !

A l’arrivée, nettoyage des baskets, changement de vêtements, dégustation d’une bonne St Hubertus blonde et re-visite de la basilique.

Avant le retour, j’ai prévu de passer par Mirwart, où j’étais allé marcher il y a quelques semaines. Le château étant devenu un restaurant plutôt… disons… cossu et sélect, je profite du Salon de la chasse et de la pêche qui y est organisé pour aller y faire quelques photos.  
La route est bloquée à un kilomètre et demi de là et un champ est mis à la disposition des visiteurs pour le stationnement des véhicules. Les détenteurs de Ferrari, de Porche ou autres voitures de luxe disposent d’un laisser passer. 
Cet autre invité aussi ! 😉

Pour le tout-venant, des navettes de cars sont prévues pour arriver au plus près du site, mais je préfère y aller à pied.

Vu l’affluence d’amateurs qui participent à ce salon commercial, difficile d’accéder au bar à champagne. 😏
Je me contente de quelques photos où on ne voit pas trop de monde !

Au sujet de la chasse, saviez-vous pourquoi les chasseurs portent des vestes orange fluo ? Pour la sécurité des participants à la chasse bien sûr, mais aussi parce que les humains sont les seuls à percevoir cette couleur. En effet, les animaux de la forêt, ne perçoivent pas les couleurs comme nous et les cerfs en particulier ne reconnaissent que les nuances de vert et de bleu. L’orange est donc une couleur qu’ils confondent avec celles qu’ils trouvent dans leur milieu naturel, comme le vert ou le brun.
Conclusion, si vous voulez avoir une chance d’en apercevoir dans la nature, évitez le bleu, (parce que pour eux, un « morceau de ciel » sur un fond de verdure, c’est plutôt visible, donc suspect… surtout s’il bouge !),  allez-y seul, sans que des sportifs ou d’autres consommateurs de nature bruyants et irrespectueux y soient passés avant, mais surtout, respectez les dates des chasses obligatoirement affichées à l’entrée des bois que vous souhaiteriez traverser ! 
C’était la petite info du jour !
Amen  😉

Même si quelques stands (à l’arrière du château) sont un peu plus à la portée de toutes les bourses, je ne trouve rien qui pourrait m’intéresser et je repars rapidement vers le village pour y déguster un autre St Hubertus, mais ambrée pour changer et y acheter un saucisson… de sanglier, histoire de me venger de ceux qui dévastent régulièrement mon jardin ! 😠

Retour tranquille à la maison après ce qui a été en fin de compte une très bonne journée !
A la prochaine, les gens ! 😉