Lamorménil
Pour ceux et celles qui connaissent un peu la région, c’est un petit village bien tranquille situé à mi-chemin entre La Roche et Manhay. Pour les gens qui connaissent moins, c’est à 266 km d’Oostende, 151 km de Bruxelles, 77 km de Namur, et 81 km d’Arlon !
Voilà, vous savez maintenant où j’ai décidé d’aller marcher ce dimanche.
Lamorménil. Un nom qui se prête à de nombreuses interprétations étymologiques, comme c’est le cas pour d’innombrables toponymes de localité ardennaises.
« Mor » indiquerait une situation sur des marais et « ménil » une petite ferme. Les deux ensembles, vous l’avez deviné, une petite ferme dans les marais !
Une autre explication serait qu’au XVe siècle, alors qu’une terrible peste ravagea l’Ardenne, on envoyait les malades dans un endroit pour y finir leur vie à l’écart, ce qui pouvait expliquer qu’on les envoyait à « la mor menez » !
Ok, c’est un peu « par les cheveux tirés » et je n’y crois pas beaucoup plus que vous !
Je vais donc me contenter de la première explication !
Départ de la belle petite école du village.

Il est 07 :15 quand je bois mon café matinal de pré-départ.
On commence par une « petite côte » qui nous emmène sur la colline de Bétaumont où se situait jadis un village qui fut anéanti et rasé par les « sarrasins », dénomination qui à l’époque englobe indifféremment tous ceux qui ne sont pas chrétiens.
Depuis, des spectres hantent la vallée, font la nouba autour d’une table de pierre entourée de brasiers et un bruit de cloches monte du fond d’un puits, seul vestige du village disparu, à certaines époques de l’année, mais surtout le jour de la Saint Jean (le 24 juin).
Pas de panique, on est le 14 avril, tout va bien pour le moment.

Arrivés en haut de la colline, on n’aperçoit plus grand-chose aux alentours ! Il ne nous reste qu’à redescendre vers Dochamps pour longer sur quelques centaines de mètres l’ancienne voie de chemin de fer du TTA (Tramway Touristique de l’Aisne) et la l’Alu, petit ruisseau qui prend naissance un peu plus haut, au lieu-dit « Fond de l’Enfer », pour se jeter dans l’Aisne… un peu plus bas !

Après avoir traversé quelques bois en direction de Samrée, nous remontons vers le nord-est pour entrer dans la réserve naturelle des Tailles et la Fagne de la Goutte.

C’est un endroit étonnant, désertique et marécageux qui a failli disparaître à cause des industries de l’époque qui ont transformé ces paysages en forêts d’épicéas bien plus rentables pour l’industrie que les quelques lopins qui étaient exploitées par les « troufîs » (ramasseurs de tourbe) qui y trouvaient de quoi subsister en revendant aux habitants des villages environnants ce « charbon des pauvres ».

A une cinquantaine de mètres de l’itinéraire, deux drapeaux flottent au vent : l’un est belge, l’autre canadien !
Je fais donc une petite boucle supplémentaire pour aller voir de quoi il s’agit.
C’est un « Loving memory » en l’honneur de l’équipage d’un bombardier canadien qui s’est écrasé en 1944 à quelques pas de là, au retour d’une mission en Allemagne.

Retour dans les bois pour quelques kilomètres sur terrain nettement plus plat qu’auparavant.

Fin du trajet !

Ayant quelques doutes sur la potabilité de l’eau, je préfère attendre encore un peu et rejoindre l’arrivée pour y déguster une Leffe blonde bien méritée ! 😉

C’est mon premier 20 km cette année ! A part une petite cloche sur le côté d’un talon (c’est sans doute l’époque qui veut cela !) tout va pour le mieux.
Allez, on prépare déjà la suivante !
A plus, les gens !