Samedi 21 février, réveil à l’aube.
Je pars à Chaudfontaine
Ceux qui me lisent régulièrement auront compris qu’il ne s’agit donc pas d’une marche Adeps. Celles-ci n’ont en effet lieu que le dimanche et les jours fériés.
Ce n’est pas non plus une marche personnelle, c’est une marche de la FFBMP (Fédération Francophone Belge des Marches Populaires).
Depuis les « années Covid » j’avais un peu pris mes distances avec les clubs de cette fédération. Au contraire des marches Adeps qui ont toutes été supprimées pendant un bon moment pour respecter les consignes sanitaires, de nombreux clubs fédéraux ont continué pendant un certain temps de faire semblant de rien en continuant leurs marches prévues avec bien sûr les rassemblements dans les salles closes et en se fichant royalement de qui était vacciné ou pas.
Certains ont continué ensuite en organisant des marches « pirates », parfois même en organisant pour les « bouffeurs de kilomètres » des 100 km, alors que le commun de mortels acceptait les restrictions de distances.
Depuis, comme c’était prévisible, de nombreux bénévoles souvent plus âgés et en moins bonne forme que d’autres plus aguerris ont disparu et avec eux beaucoup de clubs pour lesquels ils se dévouaient !
Peu importe ce qu’ils pensaient du « vaccin » et des mesures de sécurité sanitaire, quand la santé de la population est en jeu, j’estime que tout le monde doit respecter les mêmes règles.
Je n’ai conc plus renouvelé mon inscription au club où j’étais inscrit et j’ai cessé mes participations aux autres pour me consacrer à des marches plus personnelles.
Tout cela est maintenant bien loin et je recommence donc de nouveau à m’intéresser aux marches de la fédération. D’autant plus que les marches Adeps commencent elles aussi à drainer de plus en plus de sportifs dont le seul intérêt est de profiter d’un parcours qui ne leur est pas destiné au départ. Mais c’est un autre débat.
Pour cette première de l’année, autant recommencer dans un club de copains qui ne se la pètent pas, qui savent faire la différence entre une marche pour le plaisir et une activité sportive pour améliorer ses performances.  
Aujourd’hui, je réponds donc présent à l’invitation du club de marche de l’Amicale Para-Commando de Liège.

Le point de rendez-vous se trouve au complexe Source-O-Rama de Chaudfontaine.
Un coup d’œil sur la carte et le graphique des dénivelés me suffisent pour comprendre que le 20 km ne sera pas vraiment une promenade de santé.

Je m’offre donc un petit kaoua d’encouragement avant le départ.
La météo est de la partie ! Un vrai temps de commando !
Après m’être donc équipé en conséquence, je suis en route pour longer la Vesdre vers l’aval en direction du Château des Thermes et son parc de sculptures.

Nous traversons ensuite de nouveau la rivière pour rejoindre un beau petit chemin qui nous emmène sur les hauteurs de la rive gauche avant d’effectuer une petite boucle dans Embourg et rejoindre le premier point de contrôle.

C’est là que je m’aperçois qu’en me changeant avant de partir, j’ai oublié ma carte de participation et ma carte pour l’achat de boissons !
Va donc falloir continuer la route en mode « Survie » !
Ce passage par Embourg n’est pas du goût de tout le monde. C’est en effet les adeptes du « tout bois » et autres soi-disant amateurs de « nature » n’auraient pas aimé ce passage en périphérie de la ville. Moi, j’ai adoré ! J’y ai même probablement vu plus d’animaux et de verdure qu’eux, partant à 5 heures du mat’ à la frontale dans des bois de sapins morts et non entretenus. 😊

Nous redescendons dans la vallée par d’inattendus petits chemins en escaliers avant de traverser la Vesdre pour la troisième fois et directement remonter sur le versant en direction de la Haute Folie et Chèvremont.

Un contrôle à lieu dans le Bois de la Rochette et plus précisément au Fort de Chaudfontaine ! Comme les nombreux autres forts de défense entourant la ville de Liège, il date de la fin du 19ème siècle.  Il a aujourd’hui été repris par un investisseur (… bien entendu flamand) pour être réaménagé en site aventure.
Des aménagements nouveaux y sont entrepris, mais le principal est accessible pour nous : le bar !
Là pas de souci de carte de boissons, on peut payer en espèces sonnantes et (pas trop) trébuchantes. Je ne m’en prive donc pas.

Après la sortie du fort pour redescendre dans la vallée, on a droit, en plus des chemins boueux à souhait et qui s’entrecroisent dans tous les sens, à une promiscuité dangereuse avec des malades qui déboulent derrière nous en VTT.

Une pauvre dame un peu insouciante il est vrai, se retrouve sur la ligne de trajectoire des bolides, faisant d’elle une cible toute désignée pour les vélocipédistes pressés qui dévalent la pente sans se soucier des autres. N’écoutant que mon bon cœur, je la remets sur un chemin un peu moins aventureux où elle glissera peut-être, mais où elle ne risquera pas en plus de se faire « taper jus » par les « chasseurs de piétons » ! 😉

Après une dernière traversée de la Vesdre et une côte qui nous emmène de nouveau sur les hauteurs de Chaudfontaine, nous longeons le Bois des Dames pour suivre ensuite un beau petit ruisseau bien sympathique mais sur un sentier assez acrobatique.

Inutile de vous préciser que j’ai pris tout mon temps, que mon bâton m’a sauvé de la glissade plus d’une fois et que les mains courantes et garde-fous disposés à certains points névralgiques me furent aussi d’un grand secours !
 Ce sentier nous mène ensuite vers un lieu bien connu dans la région : le Pont du Diable.

La légende nous apprend qu’après qu’il se soit un jour écroulé, les paysans de la région du hameau de Ninane, empêchés de se rendre dans la vallée pour y vendre leurs produits, conclurent un pacte avec le diable lui-même : il reconstruirait le pont en une nuit et en contrepartie, les paysans lui offriraient l’âme de la première créature qui le traverserait !
Depuis des siècles, partout en Ardenne, de tels pactes étaient conclus avec le Malin. Et à chaque fois, celui ci se laissait avoir par la population qui faisait passer un animal devant eux ! Preuve que ce Malin ne l’était pas tant que cela ! 😏

La suite du parcours nous ramène gentiment vers notre point de départ.
Hélas, comme les animaux qui marquent leur territoire en pissant un peu partout, certains extrémistes et autres vandales, peu importe qu’ils soient de gauche ou de droite, en font autant pour faire passer leurs messages! Triste société !!!

A l’arrivée au mobilvouac, le temps d’enfiler des vêtements secs et de récupérer enfin ma carte de boissons, je file me mettra au chaud dans la salle afin de faire connaissance avec la star du jour : La jolie Commando et discuter un moment avec les amis liégeois.

Contrairement à d’autres râleurs d’habitude, j’ai bien aimé cette marche hors des sentiers de vitesse pure !
J’ai bien entendu quelques remarques désobligeantes de la part de « pros » de la marche qui étaient là parce qu' »il n’y avait rien d’autre » et n’avaient pas aimé l’organisation de ces « amateurs ».
Eh oui ! On ne peut pas être fort en tout !
Je préfère un club où les organisateurs sont des amateurs sympas avec tous les marcheurs plutôt qu’un club de sportifs égoïstes qui ne sont sympas qu’entre eux !!!

J’ai bien entendu moi aussi eu quelques soucis avec le balisage, mais je dois bien avouer que c’est plus ma vue qui est en cause que la qualité du fléchage ! 😊
 Les petits morceaux de rubalise orange et les flèches jaunes sur fond vert, ce n’est pas ce que mon léger daltonisme préfère sur un parcours !
Mais bon, rien qui ne puisse s’arranger en faisant quelques mètres en plus. J’ai l’habitude.
J’ai mis un peu moins de 6 heures pour arriver au bout, mais je suis content de cette journée.
Beau parcours, beaux endroits, belles rencontres… Que demander de plus ?
Quelques rayons de soleil de temps en temps peut-être ?
Allez, les Paras et les Commandos de Liège et environs, vous me verrez encore l’année prochaine… si tout va bien !