Me voilà de nouveau en chemin !
Comme vous pouvez vous en douter, en ce mois de novembre, les points verts de l’Adeps sont plutôt rares en province de Luxembourg et comme j’essaie de visiter des endroits où je ne suis pas déjà allé, le choix est encore plus restreint !
Aujourd’hui, je suis donc à Leignon, à mi-chemin entre Ciney et Chevetogne.
La météo n’est pas terrible, mais tant qu’il n’y a pas de brouillard, cela me suffit !
J’y arrive en même temps que le soleil se lève.
Après mon petit kaoua dominical, je me mets en route.
Les quatre parcours (5, 10, 15 et 20 km) se dirigent vers le sud.

Parfois, on nous laisse le choix. Du coup, comme personne ne prend la route, je fais la même chose que les autres. Pas pour suivre bêtement comme un mouton, mais parce que le chemin boueux me parait un peu plus amusant, même s’il est plus long de 600m !

Cela nous donne l’occasion de pouvoir traverser une belle pépinière et d’y admirer les belles couleurs de l’automne.


Sur le domaine du château de Reux, deux fermes : la ferme d’En Haut et la ferme d’En Bas.
Je vous laisse deviner près de laquelle nous passons ! 😊

Une petite bâtisse à l’écart attire mon attention. Il s’agit apparemment d’une ancienne bergerie.
Ce n’est pas clôturé, il n’y a pas de porte et c’est vide, je me permets une petite photo qui ira dans mes archives pour d’éventuels prochains dioramas.


Un peu plus loin, comme souvent à la campagne, une croix de carrefour est dédiée à Saint Donat, un des saints les plus vénérés en province de Luxembourg.
Logique, à une époque où les paratonnerres n’existaient pas encore chez nous, c’est lui qui faisait son possible pour protéger les villages contre la foudre, la tempête et les feux !

La petite explication à côté de la croix me donne l’occasion de vous écrire quelques mots sur les curés des siècles derniers.
Si certains d’entre eux provenaient de familles nobles et riches qui n’avaient pas envie de morceler leurs domaines entre tous leurs enfants, d’autres, issus de familles nettement moins aisées, avaient pu accéder à la prêtrise (et donc à un statut un peu plus enviable que celui que leurs parents auraient pu leur offrir) souvent grâce aux curés en place qui envoyaient les plus doués au presbytère faire des études avant de reprendre la charge de leur église ou d’une autre qui en manquait.
Tous selon leurs moyens se consacraient entièrement à leur paroisse.
Ce sont eux qui organisaient la vie spirituelle et sociale dans les villages.
Le curé faisait souvent office de maître d’école ou d’hôte pour les pauvres et malades de passage.
C’est lui qui savait lire l’almanach des fêtes et des dates de travaux à effectuer dans l’année, donc les jours de fête et les jours « chômés ». Rien que pour cela, les gens l’adoraient ! 😊
Mais c’est lui aussi qui parfois faisait «la police» et l’intermédiaire avec l’autorité en place !
Bref, c’est eux qui gardaient souvent « l’église au milieu du village » !
La religion était indissociable de la vie de la commune et de son histoire.
En plus de leurs travaux d’écriture habituels comme les registres de naissance, de mariage et de décès, ils se consacraient aussi à l’étude de leur environement, à son passé.
On ne saurait pas grand-chose de nos aïeux, de la signification des lieux-dits ou du petit patrimoine sans leur travail de mémoire qui parfois, a subsisté jusqu’au milieu du XXème siècle !
C’est le cas de l’abbé Prosper Chalon qui a rédigé ces notes aujourd’hui écrites sur les panneaux explicatifs qui jalonnent notre chemin.

Comme de nombreux châteaux en Ardenne, le château de Reux n’est pas un ancien château-fort, mais un château d’agrément construit en 1905. Quoi qu’il en soit, cela donne toujours l’occasion de prendre une belle photo dans un paysage magnifique !

Allez, après ce petit intermède patrimonial, on continue, même si on ne peut pas.


Après la « cabane près de l’étang du Rau du Fond de Reux », la « côte après la cabane de l’étang du Rau du Fond de Reux » !

Au lieu-dit « Al basse » c’est nettement plus plat. Nous longeons aujourd’hui une réserve naturelle. Un paysage qui est resté le même en Ardenne depuis quelques siècles.
Dommage que le petit crachin qui depuis peu a fait son apparition ne nous permette pas de profiter pleinement de la vue.

La petite vallée du Rau des Cresses est également un bel endroit à traverser pour rejoindre les hauteurs de Chapois.

Je me suis demandé ce qu’était cette « bassine » ci dessous !
Il s’agit d’un bassin de récupération des eaux provenant d’un ancien site de stockage de déchets ménagers.
Il est situé à l’arrière plan. Ce qui était autrefois le « Trou de la Happe » a été comblé et est aujourd’hui surmonté d’une butte étanche sur laquelle on peut apercevoir les tuyaux d’évacuation du biogaz vers une torchère !
Je ne suis pas du tout compétent pour juger, j’éviterai donc de donner un avis, mais….

Un peur plus loin, au moment même où je fais une photo de cette nouvelle race de vaches à courtes pattes, quelqu’un m’interpelle.
– « Hé! Qu’est-ce que vous faites là ? »
– « Bin je fais une photo! »
C’est le fermier !
Je prends un peu de temps pour discuter avec lui !
Il n’aime pas beaucoup qu’on plaisante avec ses bestiaux et encore moins qu’on publie leur photo sur les réseaux sociaux !
Mwouais ! J’insiste pas et lui promet de ne pas la montrer sur FB pour que les Ecolos se plaignent des conditions de vie de ses bêtes qui après tout ne font que vivre leur vie normale de vaches !!!
Promesse tenue ! Je ne l’ai pas proposée sur la page FB de l’Adeps.
Mais il ne m’a rien demandé concernant mon blog, vous serez donc les seuls à connaître le secret des vaches … sans sabots !!! 🙂

Etonnant mobilvouac qui permet de transporter son sac à dos tout en permettant de se reposer sur le chemin; J’aime bien l’idée !

Le retour à la salle se fait de nouveau par la traversée de pépinières et quelques beaux petits sentiers à travers champs.
Quand j’écris beaux, je parle surtout des sentiers bien boueux, car pour la vue sur les champs, ce n’est pas tout à fait ça !!!

Sur la route qui traverse le village, une vision d’horreur ! Du moins pour moi !
A partir de 9 ou 10:00 hrs, plus une place à trouver dans tout le patelin. Ce succès des marches Adeps devient de plus en plus pénible, surtout pour les marcheurs qui, comme moi, aiment découvrir le patrimoine régional.
Ces Points Verts destinés à la marche sont devenus des lieux de rendez-vous pour toutes sortes de sportifs pour qui le temps qu’ils mettent sur le « circuit » en ne regardant que leurs pieds est plus important que la découverte de ce qui les entoure !
D’autres, nettement moins sportifs ne sont là que pour leur promenade dominicale suivie d’un repas au prix des Restos du Coeur ou pour passer des heures dans un bistrot éphémère en buvant des bières spéciales à moindre coût, histoire sans doute de rentabiliser les kilomètres effectués en voiture !
J’avoue que cela commence sérieusement à m’exaspérer.
Heureusement, l’hiver arrive.
Je vais commencer à éviter les trajets trop loin de chez moi, les risques d’accidents en voiture ou sur des chemins saturés de boue et de participants. Je ne peux pas me permettre des frais importants, surtout s’ils sont évitables ! Et passer à des activités un peu plus de saison !
Ceci dit, tant que mes jambes fonctionneront encore, il me restera des choses à découvrir et photographier aux alentours de chez moi. Tranquillement, sans devoir partir en pleine nuit dans le brouillard ou sur des routes verglacées et sans râler !


Allez, à bientôt les gens ! Si tout va bien ! 😉
