Bon sang, mais qu’est-ce que j’en ai marre de ce changement d’heure.
Il est grand temps que cela s’arrête !

Ce matin, pour mon petit compte-rendu de marche, entre la marche ou le rêve, je ne choisis pas, j’opte pour les deux .  

Même si notre mémoire décline au fur et à mesure que les années passent, on se souvient toujours d’endroits qui rappellent certains souvenirs d’enfance.
Cette commune en fait partie.
Mais plus que le village lui-même, c’est surtout son église qui est restée gravée dans mes souvenirs.
J’avoue que je ne sais plus à quelle occasion je suis passé par là.
Peut-être était-ce lors d’une excursion avec les pensionnats où j’ai passé une bonne partie de ma jeunesse en Hainaut occidental, lors d’un camp du patro dans cette région ou à l’occasion d’un quelconque autre déplacement en Ardenne, je n’en ai plus aucune idée.
Seuls le nom du village, son église et son magnifique plafond en caissons me rappellent que j’y suis déjà passé.

Foy-Notre-Dame est un petit village non loin de Dinant qui a eu, depuis le 17ème siècle, ses heures de gloire grâce à un pèlerinage important dans la région : celui qui, le lundi de la Pentecôte, reliait Rochefort et Foy Notre-Dame, soit une belle « balade » de 52 kilomètres aller-retour.
Tout cela est bien loin aujourd’hui ! Même s’il reste encore chaque année quelques centaines de traditionnalistes  (je parle de personnes qui respectent encore certaines traditions et non pas d’intégristes purs et durs) pour garder vivante cette procession dans un monde qui abandonne de plus en plus ses traditions chrétiennes ou ses coutumes culturelles.
J’ai moi-même eu l’occasion de participer à de tels pèlerinages, notamment en Bretagne, mais je vous avoue que si je prenais le départ le premier jour en compagnie des autres pèlerins, je les abandonnais les jours suivants pour continuer seul mon chemin… et avoir le plaisir d’en retrouver quelques-uns le soir, lors du repas… ou dans un quelconque bar de la ville étape ! 😉

Un petit mot quand même sur la légende locale qui est à l’origine de ce pèlerinage.
En juillet 1609, un bûcheron des environs était occupé à abattre un gros chêne. Quand l’arbre fut abattu, il constata qu’il n’était plus bon qu’à faire des bûches . Tout à sa tâche, et au hasard d’un heureux coup de hache, il découvrit au cœur de l’arbre, une petite statue de la Vierge Marie portant l’Enfant Jésus sur son bras. Une servante de la ferme emporta la statuette pour la nettoyer et la poser sur une poutre de la cuisine, comme c’était encore le cas dans de nombreuses maisons à cette époque.
Quelques années plus tard, on replaça la statue dans un autre arbre tout proche.
Une première guérison eût lieu et cela amena de nombreux autres pèlerins.
Une église fut donc construite à cet emplacement et le jour de sa consécration, au moins « 12.000 pèlerins, dont 200 malades étaient présents ».
C’est souvent ainsi que naissent des légendes et des traditions.

Aujourd’hui, j’y suis de nouveau, mais pour d’autres raisons, bien sûr.
Je participe à la marche Adeps organisée par le Rotary Club de Dinant.
Comme d’habitude, je commence par le kaoua traditionnel.

La marche du jour débute par un petit passage sur le bien nommé Chemin des Pèlerins ! Logique !

Il fait frais aujourd’hui. On sent que l’hiver approche.
   Notre « pèlerinage » du jour nous emmène vers le sud avec la traversée du hameau de Boisseille et en longeant ensuite le château pour aller vers Furfooz.

Les chemins sont un peu plus sûrs qu’aux siècles passés, mais je me plais à imaginer que ces deux nobles chevaliers des temps modernes étaient là pour accompagner les pauvres manants marcheurs que nous sommes ! Comme au « bon vieux temps » des vrais pèlerinages ! 🙂

Là, nous empruntons la rue du Camp romain qui descend vers la réserve naturelle de Furfooz.

La visite du fameux camp romain, mais surtout les magnifiques vues sur la vallée de la Lesse sont remises à un peu plus tard.

Sur notre chemin, une auberge, la Flobette.
Il est encore un peu tôt pour que je m’impose une halte, mais je me promets de revenir.

Nous longeons la rivière pour arriver aux premières petites embûches qui jalonnent tout chemin de pèlerinage.
Certains chemins sont raides et mon « demi-bourdon »» est bien utile pour gravir le « Golgotha » du jour.

Tiens ! Un descendant de rescapé des arènes ? 🙄

Après la traversée de Gendron, nous poursuivons notre route en remontant vers le nord pour arriver à l’Ermitage de Celles. Ce bel édifice aujourd’hui reconverti en école, surplombe ce village catalogué comme un des plus beaux de Belgique, et la collégiale Saint Hadelin, un disciple de saint Remacle, l’ancien saint patron du Luxembourg avant que saint Hubert ne lui prenne la vedette.

C’est une étape importante car ici aussi, c’était un grand centre de pèlerinage. Elle mérite une petite visite.

Nous quittons Celles pour reprendre notre chemin vers le nord et le retour à Foy-Notre-Dame.

A l’arrivée, une petite bière pour la route et me voilà reparti vers Furfooz pour un tour dans la réserve naturelle.
Il s’agit d’un site naturel qui protège non seulement la flore spécifique de l’endroit, mais aussi le parc archéologique occupé par l’homme depuis près 14.000 ans.

Du camp romain, il ne reste malheureusement que des ruines, mais les anciens thermes  ont été reconstruits en 1958.

Les romains savaient vivre et s’y connaissaient dans le choix d’emplacement de leurs habitations de vacances.
La vue sur la Lesse est magnifique et la salle de bain est ultramoderne pour l’époque.
Par contre, pour la corvée d’eau matinale, cela devait être un peu la galère !

La réserve naturelle, c’est aussi ces rochers creusés par la rivière il y a quelques centaines de milliers d’années et qui a formé de nombreuses grottes et cavernes que l’on peut approcher, même s’il faut parfois faire preuve de prudence vu les conditions météo de la veille.

Peu nombreux sont les visiteurs qui m’ont accompagné ce jour-là pour profiter de cette vue extraordinaire.
Ceci dit, c’étaient surtout des familles avec de jeunes enfants. Je les comprends ! Mieux vaut parcourir ces chemins en été !

Second passage par la Flobette.
Cette fois je prends le temps de m’arrêter pour déguster une bonne Brune des Braves.
Je l’ai bien méritée.

Voilà, c’est sur petite dégustation sympathique que je vous laisse aujourd’hui pour vous retrouver, si vous le souhaitez, dans une semaine… ou un peu plus si tout va un peu moins bien ! 😉