Ce dimanche matin, le choix de ma destination de marche était facile.
Une à Gand-Halleux, région de Vielsalm, une autre à Rouvroy, région de Virton, aussi appelée la « Petite Provence belge » !
La premiĂšre je connais, la seconde pas du tout.
Le choix a Ă©tĂ© d’autant plus simple que la premiĂšre a Ă©tĂ© supprimĂ©e !
Tant mieux !
C’est la rĂ©gion la plus au sud de la Belgique en bordure de la frontiĂšre française : la Gaume mĂ©ridionale. MĂȘme si c’est un peu loin, cela me permet d’aller dans un coin que je ne connais pas encore.

J’arrive au ROx (pour ROuvroy et x pour sport et culture) vers 08:00
Comme prĂ©vu, la mĂ©tĂ©o n’est pas terrible. Le vent a soufflĂ© trĂšs fort cette nuit et les averses auront sans aucun doute balayĂ© pas mal d’étiquettes balises.
Pour couronner le tout, le prĂ©posĂ© Ă  l’accueil se retrouve seul Ă  gĂ©rer les inscriptions et Ă  expliquer aux marcheurs qui se sont dĂ©placĂ©s jusque-lĂ  les soucis auxquels ils ont dĂ» faire face pour nous offrir une marche digne de ce nom. Les autres bĂ©nĂ©voles sont en chemin pour tenter de rĂ©ajuster le balisage de l’itinĂ©raire.
Il n’y aura pas de traversĂ©es de bois et forĂȘts ! C’est une journĂ©e de chasse et de nombreuses parcelles sont interdites d’accĂšs. Du coup, on peut s’attendre Ă  pas mal de chemins « en dur ».
Pire encore, le bar n’est pas ouvert ! Donc, pas de petit kaoua habituel. 😊

DĂ©part le long d’un Ravel en direction de Lamorteau en longeant plus ou moins le Ton, qui sera, sur une grande partie de l’itinĂ©raire, notre fil conducteur.

Petit clin d’Ɠil pour nous expliquer que la vannerie Ă©tait une activitĂ© importante des anciens dans les villages ardennais, comme mĂ©tier, mais aussi comme activitĂ© complĂ©mentaire effectuĂ©e souvent lors des longues soirĂ©es d’hiver Ă  la veillĂ©e !

DĂšs la traversĂ©e de ce premier village, on comprend qu’on est dans une rĂ©gion un peu Ă  part de la Gaume.

Un peu plus loin, la Croix Labore, qui date de 1794, annonce notre descente vers Torgny.

Comme pour certaines maisons de Rouvroy, ce qui Ă©tonne, c’est la couleur jaune ocre de la pierre calcaire extraite d’une carriĂšre rĂ©gionale depuis plusieurs siĂšcles. Ajoutez Ă  cela des toitures en tuiles « romaines » et vous avez vraiment l’impression d’ĂȘtre dans un dĂ©cor provençal !
Les nombreuses petites vignes qui produisent l’excellent et rĂ©putĂ© vin de Torgny complĂštent le tableau.

Et non, contrairement Ă  ce que la photo pourrait faire penser, nous ne sommes pas aux Pays-Bas !

Sur la « place des mauvaises langues » (on se demande bien pourquoi ? 😉) une magnifique fontaine-lavoir.

Le vent a soufflĂ© fort cette nuit et c’est encore parfois le cas sur les hauteurs de celle belle vallĂ©e du Ton.

Non ! LĂ  je plaisante. Il s’agit d’un bloc de la fameuse roche rĂ©gionale placĂ© sur ce beau petit chemin afin d’en interdire l’accĂšs aux vĂ©hicules, et qui nous emmĂšne vers Ecouviez, village français que nous allons longer.

Passage du Ton, pour certains Ă  la nage…

… pour les autres sur la passerelle surnommĂ©e le « bat-bridge » (pont Ă  chauves-souris) tout nouvellement inaugurĂ© !
Il s’agit d’une passerelle amĂ©nagĂ©e pour sauvegarder la biodiversitĂ© ! Des chauves-souris, entre autres, peuvent y trouver refuge sous le tablier.

LĂ  on flirte non seulement avec la frontiĂšre française
 mais aussi avec le doute et la rĂ©flexion !
Différents itinéraires se séparent et il faut en explorer plusieurs pour trouver le bon !
La boussole vient compléter mon choix.
 Il faut aller vers le nord, je me dirige donc sur le premier chemin qui y mÚne.
C’est-à-dire vers les hauteurs et le beau petit village de Montquintin.

Petit regard en arriĂšre vers le village que je viens de quitter.

Montquintin. J’y suis dĂ©jĂ  passĂ© il y a pas mal d’annĂ©es pour visiter le MusĂ©e de la vie paysanne.
Il était fermé.
Il l’est ce matin encore !!! Pas de chance.

Je me contente d’un petit tour du village, de quelques belles vues sur le cadre paysager et sur les ruines du chĂąteau qui restent malgrĂ© tout imposantes.

En bas du chemin qui redescend du chĂąteau vers le seul petit bois que nous traverserons, une ancienne voie romaine nous rappelle que ces soldats Ă©taient aussi de grands bĂątisseurs et que les routes qu’ils construisaient Ă  l’époque ont beaucoup contribuĂ© au dĂ©veloppement de nos rĂ©gions.

Hélas, de nos jours, nous avons surtout les nouveaux Vandales qui se plaisent à tout dégrader et saccager.
triste réalité !

Et lĂ , comme si les Vandales ne suffisaient pas, les rafales de vent ont pris la relĂšve !

L’église Saint Martin et son beau clocher un peu original nous annoncent que nous arrivons au bout de notre trajet.

A l’entrĂ©e du centre sportif, ce n’est toujours pas la foule des grands jours. Dommage, c’Ă©tait une bien belle marche.
La bĂ©nĂ©vole Ă  l’accueil ose Ă  peine me demander comment cela s’est passé ! 😉
J’imagine que les rĂąleurs ont Ă©tĂ© nombreux ! Pourtant, tout avait Ă©tĂ© bien expliquĂ© ce matin par l’organisateur qui prenait le temps de renseigner les plus hĂ©sitants !
Et ne dit-on pas qu’un marcheur averti en vaut au moins un et demi ? 
Faut simplement faire preuve d’un peu d’initiative, d’un peu plus d’attention
 et ne pas courir ! 😊

Le bar du Centre sportif et culturel est ouvert !
Trop tard pour le cafĂ©, je me contente d’un Orval !
Un petit complĂ©ment Ă  la carte nous indique qu’il y a de la touffaye au menu ! C’est le plat rĂ©gional par excellence.

HĂ©las, comme c’était fermĂ© ce matin, je n’ai pas pu rĂ©server !
Cela dit, comme je ne m’attendais pas Ă  cette bonne surprise gastronomique qui change des Ă©ternels pain-saucisse et que j’aime bien me concocter des petits plats rĂ©gionaux pas chers des rĂ©gions que je traverse, j’en avais prĂ©parĂ© moi-mĂȘme la veille. 😉

Elle était excellente !
Et puisque vous me faites le plaisir de me lire, je vous offre cette petite page supplémentaire.

Recette

Bon appĂ©tit les gens, et Ă  la prochaine ! 😉