J’avais prévu une autre marche, mais une petite page de présentation en a décidé autrement !
Et principalement, cette phrase :
« … Un effort a été fourni pour proposer une grande diversité de paysages afin de rompre la monotonie d’un exercice purement physique, à savoir pour les trois distances… »
Bin oui, quoi, y’a pas que le sport dans la vie ! Il y a aussi des choses bien plus intéressantes ! Comme la culture et le patrimoine par exemple !

C’est ainsi que je me retrouve à Silenrieux, aux environs de Walcourt, haut lieu de pèlerinage et de marche en Belgique.
Notre-Dame de Walcourt et la basilique St Materne pour l’un, les Marches folkloriques de l’Entre-Sambre-et-Meuse pour l’autre. Mais ici, les deux sont inséparables.

Comme dirait l’autre, promesse écrite, promesse tenue !
Ce n’est pas la première fois que je viens marcher dans les environs, mais habituellement, les circuits se déroulent soit un peu plus au sud, aux alentours des lacs de l’Eau d’Heure, soit un peu plus au nord, en partant de Walcourt.
Aujourd’hui, on sera entre les deux. J’espère donc voir du nouveau !
Nous sommes là à l’invitation du club des pongistes de Silenrieux.

Le parcours est agréable. Pas trop de sentiers forestiers, mais de beaux chemins campagnards et des traversées de communes où on a le plaisir d’apprécier quelques sites qui valent au moins une photo.


Vogenée , Fairoul, et entre les deux, les Sept Ponts, ce magnifique ouvrage des chemins de fer sur la petite vallée de l’Eau d’Yves. Comprenez « l’eau qui vient du village de Yves » et qui se trouve quelques kilomètres un peu plus à l’est.



Au détour d’un chemin, voici Walcourt, facilement reconnaissable au clocher bulbeux de sa basilique.
Certains l’ont comparé à un « petit Mont-Saint-Michel posé sur la campagne » !
Bon, pour moi qui suis un fan de St Michel, c’est un peu osé, mais l’impartialité m’impose d’avouer qu’il y a parfois, selon l’endroit où on se trouve, quelques similitudes.

Arrivé en centre-ville, nous passons devant la belle basilique St Materne.
Sur la place, cachée derrière une tente, une curiosité historique attire mon regard. Il s’agit d’une statue ancienne maçonnée dans le mur. Il s’agirait de « Cupidon », Dieu de l’amour et « plus ancien habitant de Walcourt », selon la légende.
On raconte qu’à la fin d’un repas de noces, la mariée allait casser un verre sur cette statue afin d’attirer le bonheur sur son couple ! Heureusement qu’il n’y avait pas de statistiques à l’époque pour en vérifier la réalité ! 😉
Aujourd’hui, le « Cassage du Verre » est encore une tradition folklorique qui a lieu avec la prestation de serment des Officiers des compagnies de Marches lors de leurs festivités annuelles.


Dans la basilique, une messe se termine.
J’attends patiemment la fin pour la visiter et admirer la magnifique exposition temporaire de la garde-robe de Notre-Dame, composée d’une quarantaine de tabliers qui vont des plus simples aux plus richement décorés et confectionnés au cours de ces deux derniers siècles.
La plus ancienne statue de Marie d’Europe (1200 et des rawetes) en porte une lors des processions en son honneur.



Contrairement à ce qui pourrait paraître ou que l’on pense souvent, il ne s’agit pas d’une « vierge noire ».
C’est une statue en bois qui a subi les dégâts du feu, qui a été préservée et dont le visage a été recouvert d’un voile d’argent qui s’est au fil du temps patiné !
Voilà quelques pèlerins qui devaient être heureux de pouvoir remarcher à nouveau, je crois.

Walcourt étant une ancienne cité, il y avait un château, une collégiale, une abbaye. La justice y était essentielle.
Au Moyen-Age, de nombreux délinquants, disons responsables d' »incivilités », pour utiliser un mot à la mode, étaient condamnés à effectuer des pèlerinages pénitentiels, histoire d’avoir le temps de se repentir de leurs péchés !
C’était surtout pour les juges des villes où ces malfrats étaient ainsi punis, une façon de « les envoyer promener » en se débarrassant d’eux pendant « un certain temps » qu’ils espéraient bien sûr le plus long possible !
Vous aurez compris que beaucoup en revenaient rarement et que ceux qui arrivaient au bout du « chemin » étaient heureux de se débarrasser de leurs chaînes, non pas en les revendant à des ferrailleurs venus de l’est, mais en les offrant en ex-voto dans ces lieux de pèlerinages, pour prouver au retour chez eux que cette épreuve leur avait été bénéfique !


Sur la place, une fontaine rappelle l’histoire de la Cabaretière et Charles-Quint.
Je résume rapidement.
Charles rentre dans un cabaret et il commande une pinte. La serveuse la lui amène en la tenant par l’anse!
Charles, qui n’a probablement pas de grandes mains, arrive difficilement à la saisir et promet à la cabaretière de lui faire parvenir un pot avec deux anses !
Au passage suivant de notre bon Charles, la nouvelle serveuse lui présente sa pinte en la tenant par les deux anses !
A cette époque, le petit peuple est dur avec les rois ! Mais les rois indulgents avec le peuple !
Bon prince, Charles lui fait parvenir un pot avec trois anses !
Quelque temps plus tard, lors d’un nouvel arrêt à Walcourt, Charles retourne voir si les serveuses ont retenu la leçon. La nouvelle, probablement un peu plus espiègle, lui présente son pot de bière en le tenant par deux anses, mais en gardant la troisième vers son corsage !
L’histoire s’arrête avant à la quatrième anse !
Mais bon, le plus important, c’est que la légende est née !!

Et que la petite histoire est toute aussi intéressante et amusante que la Grande !
😉
A Walcourt, il y avait un château, une collégiale, une abbaye et c’était un centre économique important où l’industrie métallurgique a prospéré pendant de nombreuses années.

La basilique est un édifice religieux bâti en haut d’un promontoire rocheux, les remparts qui sont parfois encore visibles, les petites ruelles pas cachées, mais qu’il faut découvrir pour comprendre et bien sûr son pèlerinage en l’honneur de Notre-Dame de Walcourt.
Quand je pense que la ville voudrait faire restaurer ces remparts par les habitants qui ont une maison qui les surplombe, cela me fout hors de moi ! Mais c’est une autre histoire !

Le Grand Tour, qui est en fait une procession de 7km accompagnée par des marcheurs en armes et costumes du Premier Empire, commémore le « Miracle du Jardinet ».
Cette marche folklorique a lieu chaque année à la Fête de la Trinité.
Pour la petite histoire, au Moyen-Age, un incendie eut lieu dans l’église de Walcourt et la légende veut que des anges emportèrent la statue de la Vierge pour la sauver de l’incendie ! Elle fut retrouvée dans un arbre au lieu-dit le Jardinet et ne voulut plus en partir.
Elle n’a repris sa place dans l’église que lorsque le Seigneur du lieu, le Comte Thierry, lui promit de faire bâtir une abbaye à cet endroit.
Il ne reste malheureusement plus grand-chose de cette abbaye et nous n’y passerons pas.

Les chapelles, potales et autres petits sanctuaires religieux sont nombreux sur notre route !
Et il y en a pour tout le monde : St Joseph, St Roch et Notre-Dame, bien sûr, j’en passe et des moins connus. J’en ai même aperçu une dédiée aux trois Rois mages ! C’est pour moi une première. 😊


A l’arrivée, pas de bière régionale de circonstance, je me contente d’une eau pétillante.
Mais je fais un petit détour par la Brasserie de Silenrieux située non loin de là.
La brasserie a déménagé mais un petit bar à l’arrière y vend encore sa production.
Une excellente « Impératrice » m’a semblé être de circonstance pour clôturer cette belle marche !

