Je ne connais pas beaucoup la région où je vais ce matin.
Comblain-au Pont, Comblain-la-Tour, Comblain-Fairon…
Je vais combler cette lacune.
J’étrenne une nouvelle paire de bottines. J’emporte donc dans mon sac à dos des chaussures de rechange pour le cas où … !
La salle de départ se trouve en face d’un étrange monument aux morts en forme de phare. Bizarre autant qu’étrange !



L’ancienne tour qui a donné son nom au village a disparu depuis de nombreuses années et le château Biron actuel ainsi que quelques autres maisons ont été réaménagés sur son emplacement .


Les casse-vitesse sont plutôt dissuasifs dans le coin !!! 🤨

Le Ruisseau du Boé descend quelques marches menant à un petit passage souterrain qui le mènera directement dans l’Ourthe.

La carrière de Lawé, reconvertie en parcours d’aventure et un peu plus loin en stand de tir.

C’est à partir de là qu’il va falloir commencer à prendre garde… à ne pas glisser !

Le parcours est assez plat jusqu’à Comblain-au-Pont. On marche le long de l’Ourthe pour ensuite gagner les hauteurs en direction d’Oneux par le Thiers Pirard.

Je rappelle au passage qu’un thiers en Ardenne signifie selon les régions une côte, un mont ou un sentier un peu raide, ce qui permet de comprendre que cela va grimper un peu !

Au pied de la croix que l’on a aperçue d’un peu plus bas, nous profitons d’un beau panorama sur Comblain-au-Pont et la Tour Saint Martin qui était autrefois, comme en atteste encore aujourd’hui le vieux cimetière qui l’entoure, le clocher de l’ancienne église du village. Mais comme vous pouvez l’apercevoir sur la photo, aller à la messe du dimanche relevait plus du parcours d’entrainement sur la « Colline des hommes perdus » que de la promenade dominicale ! L’église fut donc reconstruite un peu plus bas dans les années 1850, afin d’éviter aux ouailles de l’époque quelques difficultés supplémentaires pour gagner leur paradis !

Il faut bien avouer qu’à l’ombre il fait un peu frisquet !



Mais heureusement, quelques ayons de soleil nous permettent d’apprécier un peu plus les paysages.

Du côté de Chambralles, dans la descente vers le Rau du Fond Longueville, j’avoue que j’ai un peu plus de mal !
Une de mes nouvelles bottines me fait mal au pied. Je continue malgré tout en me disant que je verrai quoi faire dès que ce sera possible !

L’arrivée sur les hauteurs de Septroux et au pied de la Croix de Cwimont est la bienvenue.
C’est une croix qui a été érigée à cet endroit en 1936 par les ouvriers d’une compagnie d’électricité.


Nous sommes au point le plus éloigné de notre balade et la vue sur le village de Septroux et la vallée de l’Amblève est magnifique.

J’étudie le problème du pied. Pas de bobo pour le moment, mais par précaution, je préfère mettre mes baskets.
C’est donc au pied de cette croix que se termine mon calvaire.
Ce sera nettement moins douloureux pour continuer la seconde partie de cette belle marche.

A un carrefour du chemin, nous passons au lieu-dit du Puits Hayard.
Un puits, une croix, de vieux tilleuls… Tout nous rappelle que ce lieu a toujours été important pour les habitants de la région et que des pèlerinages y étaient organisés.

La source qui alimentait le puits… OK ! on comprend pourquoi c’était important lieu de culte païen.
Les tilleuls que vénéraient d’autres occupants des lieux… OK aussi.
Et la croix du christianisme qui a voulu un peu plus tard remplacer ces cultes plus anciens. OK… Là aussi, on comprend !
Là, ce qui est intéressant, c’est qu’on a encore tout au même endroit ! Et cela, c’est un peu plus rare.
Une petite légende au sujet du puits ?
OK pas de souci !
Après avoir volé des ciboires dans une chapelle avoisinante, des voleurs se débarrassèrent des hosties en les jetant dans le puits. Grâce à cela, les eaux de cette source sont devenues miraculeuses. Elles guérissaient des maladies des yeux.
De nos jours, le puits est vide. Les captages pour le village d’Awans et pour l’exploitation d’une carrière toute proche ne lui permettent plus d’être alimenté. Plus d’eau, plus de miracles. Plus de miracles, plus de passage de pèlerins !
Mais bon, la légende ne s’est pas perdue, c’est déjà cela !

La boucle continue donc un peu plus vers le sud en passant par Hoyement. Je ne peux que m’associer à certaines revendications locales légitimes ! Et les partager !
De nos jours, le nouveau dieu de l’Ardenne, c’est le tourisme !
Et les chapelles qui nous rappelaient le dieu précédent sont rachetées par des particuliers pour devenir comme ici des cabanes de jardin ou des gîtes ! Triste époque !

Après le regroupement des différents parcours proposés aujourd’hui en un parcours commun, sur un petit chemin que le soleil a oublié de réchauffer un peu, ma garde est un peu prise en défaut par la glissade d’une jeune femme derrière moi qui réussit pourtant à maintenir son équilibre sans trop de gymnastique.
Ce ne sera pas mon cas !
Moi aussi je glisse, mais contrairement à elle, je perds l’équilibre et je m’étale de tout mon long dans la boue.
Heureusement, plus de peur que de mal. Je m’en sors avec une petite écorchure d’amour propre qui ne m’empêche pas de faire bonne figure, mais qui me fait un peu regretter mes 20 ans et les 15 kg en moins de cette époque !!! 😊

A l’arrivée, petit détour pour aller admirer un des plus beaux massifs rocheux de la région : le Rocher de la Vierge.
Avant la canalisation de l’Ourthe, la navigation ne se faisait pas sur un long fleuve tranquille.
En période de crues, c’était même plutôt risqué, comme sur toutes les rivières bordées de rochers, et les oût’lîs (les bateliers qui convoyaient des marchandises sur l’Ourthe) se mettaient sous la protection de la Vierge Marie avant d’entamer les passages difficiles. C’est la raison pour laquelle une statue a été installée sur le rocher.
La légende raconte qu’un jour, la veille de la Noël, un passeur devait transporter sur l’autre rive des cloches destinées au seigneur de Harzé. Le charriot n‘arriva que peu avant minuit. Furieux du retard du retard que cela lui occasionnait, il décida d’effectuer le passage de nuit, ce qui était plutôt risqué ! Perdant peu à peu le contrôle de sa betchette (bateau à fond plat) et de ses nerfs mis à rude épreuve par les verres de péket ingurgités avant, il se mit à jurer et à tout vouloir envoyer au diable !
Le diable, toujours attentif aux « prières » des blasphémateurs et aux souhaits des mécréants qu’il tient sous sa coupe, envoya le bateau, le passeur et les cloches au fond du gouffre.
Depuis ce jour, au pied du Rocher de la Vierge, chaque année, au milieu de la nuit de Noël, on peut entendre tinter les cloches au fond de l’Ourthe.

Si l’envie vous prend d’aller y faire un petit tour la prochaine nuit de Noël, sachez que vous pourrez apercevoir la statue de la Vierge éclairée et nul doute qu’avec un peu de chance (et quelques pékets bien tassés), vous pourrez entendre les cloches vous aussi ! 😏

A l’arrivée de cette très belle marche intéressante, beaucoup de monde mais une salle un peu trop petite pour accueillir les marcheurs, sportifs, villageois et autres adeptes de l’apéro du dimanche matin.
J’opte pour une « Redoutable » que je préfère aller déguster tranquillement à l’arrière du mobilvouac !
J’aurais pas dû !!!
Là, c’est le verre qui glisse, qui perd l’équilibre et qui s’étale de tout son long à côté de moi !

Tant pis ! Après les bottines douloureuses, la chute malencontreuse et le manque de réconfort final, assez de petits ennuis pour aujourd’hui.
Je préfère rentrer directement me remettre à l’abri dans mon ermitage !
A bientôt les amis !
