Cette semaine, je quitte la Famenne pour le Condroz où cela fait déjà un moment que je n’ai pas posé mes bottines.
Petit rappel pour ceux qui, comme moi, n’ont plus la mémoire de leurs 20 ans, c’est, dans les grosses lignes, la région située entre la Meuse et l’Ourthe avec au nord, la Hesbaye et au sud la Famenne.
Nous sommes plus exactement dans la région de Huy, à Antheit.
L’accueil est sympathique. Normal, nous sommes dans une école, les organisateurs sont principalement des professeurs et la majorité des participants à cette marche seront probablement des parents d’élèves de l’école et leurs familles.
Je plaisante à peine, ils sont vraiment sympas avec tout le monde.

J’ai choisi cette destination car les risques de rencontrer des trailers, coureurs et autres sportifs en mal d’entrainement y sont plutôt limités.
La région est vallonnée et plutôt campagnarde, mais même si on est souvent entourés d’arbres, il n’y a pas de forêts ou de bois imposants. Les dénivelés affichés sont raisonnables et accessibles à tous, cela devrait bien se passer.
Et tant mieux, parce que je rôde aujourd’hui une nouvelle paire de chaussures.
Comme je redoute un peu l’épreuve, j’ai emporté dans mon sac à dos une paire de baskets. Mieux vaut prévenir que guérir.
De beaux petits sentiers nous dirigent vers le nord de la carte reçue à l’accueil.

Bon, elle n’est pas d’une précision militaire, mais elle donne la physionomie générale du parcours. Il y a bien un QR Code, mais j’ai bien peur que ce ne sera jamais mon truc !!!

A un carrefour, plus de fléchage ! Je reviens en arrière jusqu’à la dernière indication. Elle m’indique tout droit, je vais tout droit jusqu’à retrouver les flèches du parcours commun !
Erreur ! Après vérification, j’aurais dû prendre un petit chemin de l’autre côté de la route pour aller vers le nord-ouest alors que maintenant, je me dirige vers l’ouest !!!
Je me prive ainsi de 4 kilomètres dans une région un peu plus boisée.
Tant pis, je ne ferais pas 20 km aujourd’hui. D’un autre côté, avec mes nouvelles chaussures ce n’est peut-être pas plus mal.

Je devrais ensuite passer par une ancienne caserne.
La voilà, je délaisse un peu le parcours pour aller y faire un tour.
Il s’agit de la caserne Lieutenant Binamé.

Camille Binamé est le dernier officier blessé mortellement pendant la 1ère guerre mondiale. Il a été tué à Pervijze (Flandre occidentale) en commandant le feu de ses mitrailleurs, sous un violent bombardement, pendant la Bataille de l’Yser (18 octobre – 10 novembre 1914).
Une légende nous apprend que cette caserne au pied du Mont Falise se trouve probablement à l’emplacement d’un ancien château où vivaient un seigneur et sa fille.
Lorsque ce seigneur voulait aller à la chasse, il rameutait les villageois qui se faisaient soit un devoir pour les plus vieux, soit un plaisir pour les plus jeunes, de participer à la traque, car cela leur permettait d’apercevoir la jolie fille du seigneur, en âge de trouver un mari !
Hélas, le cœur de la belle était hélas déjà pris !
Malgré cela, le seigneur espérait quand même que le futur mari soit à la hauteur de ses espérances pour sa fille.
Depuis quelque temps, un loup ravageait les troupeaux et il décida donc que celui qui lui ramènerait la peau de cette « male bête » aurait la main de la jeune fille.  
La bête féroce avait tant de fois été traquée qu’elle y avait déjà perdu un œil et une patte.
La jolie blonde était plutôt futée et elle en informa son amoureux avant que le décret ne soit publié.
Armé de son arc et d’une hache, le galant alla donc se poster dans un arbre sur le trajet du carnassier et d’une flèche bien ajustée, lui creva l’œil qui lui restait avant de lui fendre le crâne de sa hache implacable !
L’histoire ne dit pas s’ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants, contrairement à ce qui est habituellement le cas avec les histoires, ce qui aurait donc tendance à me faire penser qu’il s’agit d’une histoire vraie, mais bon, je laisse les historiens faire la part du vrai et de l’inventé ! 😏
Après cet intermède mémoriel, je continue.

Nous traversons un quartier qui se nomme Leumont. C’est bien sûr en souvenir de la légende que ce quartier se nommerait ainsi: « Leu-Mont », « li mont dè leu », la montagne du loup.

L’arrivée n’est plus très loin, mais avant de la rejoindre, je m’offre un nouveau petit détour pour aller voir la chapelle Notre-Dame de la Délivrance, qui se trouve sur la place Paul Delvaux, le peintre surréaliste bien connu qui est né à Antheit.

Ca y est j’arrive au bout du parcours. Mes pieds ont tenu le coup, je n’ai pas eu besoin de changer de chaussures en cours de route, mais c’est probablement grâce au 4 kilomètres zappés au départ.
Je m’empresse de me changer, chaussures comprises, avant d’aller déguster la bière régionale du jour que je ne citerai pas car je suis poli !

Encore une belle balade sans sportifs de toutes sortes pour me gâcher le plaisir de marcher tranquillement.
Contrairement à ceux qui râlent de ne pas traverser assez de bois lors de certaines marches, j’ai personnellement bien plus de plaisir à marcher sur des routes de villages où on peut, je l’admets, un peu plus se tromper si on n’est pas assez vigilant, mais où on peut certainement apercevoir un peu plus de choses intéressantes que sur un chemin de 300 m dans une plantation d’épicéas mortifères pour tout ce qui tente de pousser à leurs pieds !!!
Mais bon, comme dirait l’autre, les fanas du chrono et moi, « Nous n’avons pas les mêmes valeurs ! »

A bientôt les amis, pour une autre balade.