Aujourd’hui, je pars assez tôt pour éviter les bancs de brouillard sur les petites toutes campagnardes.
Ce ne sera pas utile, la rue de l’Aisne à Fanzel étant fermée pour cause de travaux, bon nombre de chemins qui y mènent sont inaccessibles. Le gps devient fou !
Je passe donc au plan B : la route de Barvaux à Bomal pour continuer ensuite vers Villers-Sainte-Gertrude, ma destination du jour.
A l’invitation de l’association de village Présence, j’arrive à l’Espace Saint Michel (l’église sainte Gertrude était autrefois dédiée également à saint Michel, ceci explique cela !)
Le soleil n’est pas encore levé et le parking est déjà plein !

Ils me feront toujours sourire ces gens qui démarrent aux aurores, parfois à la lampe de poche, qui ne voient rien de l’endroit où ils se trouvent et pour qui le principal souci est de ne pas perdre du temps.
Dès l’entrée dans la salle, je comprends que les organisateurs ne sont pas des novices. De la table où ont lieu les inscriptions au petit café matinal, tout est prêt.
En écoutant un des organisateurs discuter avec un autre marcheur, je surprends dans la conversation qu’à 06:30 les premiers participants étaient déjà en piste pour leur entrainement dominical dans leurs tentatives de battre je ne sais quel record et qu’une dame se plaignait déjà du balisage parce qu’elle s’était perdue… dans le noir !
Comme dirait l’autre, « Je me maaaare ! » 😊 Bin oui, ma bonne dame, si vous partez en pleine nuit, faut une bonne lampe de poche ou être bien réveillée !?!!??

Comme souvent, le château du coin possède lui aussi sa légende : celle du Noirbroqua. Je vous en reparlerai plus tard.
Nous partons vers le nord-ouest en direction de Bomal.

Peu après le départ le départ, on a droit à une disons… bizarrerie !

Le « terrain 4×4 ». C’est un ancien circuit pour jeeps Land Rover acheté par 6 propriétaires flamands et hollandais et aujourd’hui à l’abandon. C’est une bonne chose !
Comme je m’en doutais au départ, ce n’est pas aujourd’hui qu’on pourra se plaindre du balisage et on en a de rapidement la confirmation.

A partir du sud d’Ozo et de sa chèvrerie bien connue pour ses excellents produits, les chemins vers Bomal me sont un peu plus familiers.
Ce sont des chemins que je connais déjà un peu pour y être passé quelquefois.
Quelques photos simplement pour vous les remettre un peu en mémoire…

La grotte du Coléoptère, un peu en dehors de l’itinéraire.

Récolte de pommes
Heureusement, j’avais mon petit sac à dos ! J’en ai profité pour ramasser plus ou moins deux décimètres cubes de ces petites pommes sauvages, histoire de fabriquer un vinaigre de pommes maison, comme au bon vieux temps !

Mi-parcours, nous repartons donc vers le sud-est en passant cette fois au nord d’Ozo

Chapelle Saint Rahy

Le Pré du Billard ?

Passage sur le ruisseau du Pont-le-Prêtre ainsi que celui du Vieux Fourneau.

La chapelle Notre-Dame de Lourdes, remplacée par un homme, un Sacré Cœur de Jésus.
Comme c’est à la mode, je me demande s’il n’y a pas dans le coin un lobby de touristes woke ou transgenre qui remplace toutes les femmes par des hommes ?!??! 😊

Comme ici aussi avec sainte Apolline qui avait déjà perdu la tête en 2017, …

… la voilà aujourd’hui qui a perdu sa place !
Remplacée par saint Roch !
Me demande qui a une dent contre elle ? Un dentiste ?

Nous passons ensuite à un des plus beaux endroits sur le parcours, le lieu-dit « La Sentinelle », veillant sur la vallée.

Etonnant cet abri minuscule « haut comme une botte de gendarme » comme le disent les légendes qui parlent de nutons et de sotais. Moi, je ne m’étonne plus de rien ! Tout est possible ! 😉

La flamme rouge est la bienvenue. L’arrivée est proche.

Ainsi que la récompense du jour !

La salle est remplie. J’y apprendrai que plus de 1100 participants s’étaient déplacés pour cette marche !
Des voitures stationnées dans tout le village, une salle et une terrasse pleines à craquer. Les marches n’étaient pas nombreuses dans la province de Luxembourg et forcément, une grande partie des marcheurs et autres « trailers » en mal de compette se sont donné rendez-vous ici !
Ceux-là, plus ceux qui ont déjà pris le village d’assaut la veille, pour faire de ces chemins des pataugeoires à boue, je plains les habitants !
Moi, j’avoue que cela me décourage d’encore participer à ce genre de réunions plus sportives qu’intellectuellement utiles.
Faudra que je pense à tout cela pour trouver une solution à ce problème !
En attendant, comme promis au début, voici une petite histoire sur le château devenu restaurant, « Le Noirbroqua ».
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Un soir, le seigneur du château vit s’enfuir une ombre et trouva un bébé abandonné sur le seuil de la porte.
Bien qu’il ait déjà un fils, Aristide, il adopte l’enfant et le prénomme Rodolphe.
A la mort du baron, l’ainé, Aristide, jaloux de son demi-frère lui voue dès lors une haine féroce. Rodolphe est obligé de fuir pour avoir la vie sauve.
Plusieurs années plus tard, à l’occasion de l’élection d’un nouveau berger, il revient au pays avec femme et enfant, sous le nom de Noirbroka.
Lors de son exil, il a appris les simples, c’est-à-dire les secrets des plantes, et quelques autres remèdes pour soigner les animaux, mais aussi les hommes.
Devenu berger, son travail est apprécié et on vient parfois de loin pour profiter de sa science « médicale ».
C’est ainsi qu’un jour, il reçoit un homme atteint de la maladie du charbon, une maladie infectieuse qui peut s’avérer mortelle, surtout à cette époque. Il s’agit d’un dénommé Lipierseux, bourreau de la Cour de Justice de Durbuy. Noirbroka le soigne et le guérit grâce à une pommade de son invention.
Hélas, toute bonne chose a une fin.
Un jour, il est reconnu par son demi-frère Aristide, devenu baron de Villers, le fait accuser d’un crime dont notre berger n’est pas coupable.
Il est malgré tout injustement condamné à être pendu.
Le jour de l’exécution, l’exécuteur des « hautes œuvres » reconnaît son bienfaiteur. Par un stratagème bien étudié, il réussit à lui sauver la vie en traficotant la pendaison.
« Noirbroka-le-Pendu » se réfugie dans le bois de Harre tout proche pour y vivre en ermite.
Pris de remords et errant dans les bois, le baron Aristide y rencontre un jour son demi-frère.
A la suite de cette rencontre, il décide de se faire pardonner en lui rendant tout ce qui aurait dû lui revenir à la mort de son père.
Noirbroka vivra heureux dans sa propriété en compagnie de sa femme et de son fils retrouvés !
Certains pensent que la pommade qu’il aurait inventée serait la fameuse « Pommade de Durbuy » dont la recette a toujours été bien gardée jusqu’à la mort de la dernière détentrice du secret de sa fabrication.
J’ai quand même trouvé une petite recette qui pourrait bien être ce secret !  
Pour guérir du charbon, on appliquait sur la boursouflure un onguent fait avec du lierre terrestre, du savon et de crème fraîche.
Ceci dit, ne connaissant pas les doses à utiliser, je ne garantis rien ! 😉

Et voilà ! Fini pour aujourd’hui !
A la semaine prochaine !