Je suis ce matin à Malempré, petite commune entre Manhay et la Baraque de Fraiture.
D’après la tradition, il existait autrefois trois châteaux à Malempré dont un qui se trouvait probablement à l’endroit où nous sommes. Il ne reste aucune trace de ces châteaux, si ce n’est cette plaque de la rue dans laquelle se trouve la salle qui nous accueille et qui en rappelle le souvenir lointain ! 

Et en parlant d’accueil, il est sympa.
Depuis leur première marche en 2015, la « Jeunesse de Malempré » connaît la musique.
Tout devrait donc bien se passer.
Après mon petit café matinal (et gratuit s’il vous plaît !!!) je retourne au mobilvouac pour endosser une veste un peu plus chaude. Il fait frais pour débuter cette marche et même si le soleil commence à faire son apparition, l’été est bien fini.

Début du parcours intéressant. Nous quittons presque immédiatement la route pour entrer dans un champ dont la barrière a été ouverte. Bonne idée de commencer par des propriétés privées pour éviter les resquilleurs du samedi, du lundi ou encore du dimanche à 6 heures du matin.  A condition de flécher les départs au dernier moment !!! 😈

Champ après champ, en allant vers le nord, nous rejoignons une autre route qui nous mène vers une croix en béton érigée en mémoire d’un habitant abattu par les Allemands lors de la WWII.
De là, nous bifurquons dans les bois.

Bois entrecoupés par l’autoroute que nous traversons pour arriver à un endroit que j’apprécie particulièrement pour y être passé plusieurs fois lors de mes marches, et qui me remet en mémoire pas mal de souvenirs : la chapelle Notre-Dame des Champs, bien connue des participants aux marches commémoratives des combats de la WWII dont je parlais un peu plus haut !
Même si ce n’est pas tout à fait sur le chemin, je me fais toujours un devoir de faire un petit détour !
Elle est le symbole de nombreuses vies détruites, non seulement à Bra ou Malempré qui ont payé un lourd tribut pour notre liberté, elle est aussi un remerciement de la part des habitants survivants d’avoir été épargnés !

Nous contournons un village universellement connu… en Belgique : Xhoute-si-Plout, qui signifie si on en croit certains étymologistes locaux : « Ecoute donc voir un peu si la pluie tombe, valèt ? ».
Mais nous n’y passerons pas, ce qui me laisse une petite histoire à vous raconter lors d’une prochaine marche qui passerait par-là ! 😉

Voyant que je m’intéresse à une chapelle, un voisin, sortant de chez lui en voiture, s’arrête et m’interpelle.
Je dois avouer qu’entre la marche « contre le temps » et la marche instructive, la seconde aura toujours ma préférence ! J’essaie souvent de ne pas rater une occasion de m’instruire un peu !
Il me retrace donc l’histoire de cette chapelle saint Donat un peu à l’abandon.
Elle a été construite par un habitant en remerciement d’avoir été sauvé d’un orage et surtout de la foudre !
Au cours de la conversation, le brave homme en profite en même temps pour m’expliquer qu’étant lui-même propriétaire de terrains sur lesquels il accepte que passent des parcours de marches, il n’aime toutefois pas beaucoup que des marcheurs, coureurs et autres égoïstes irrespectueux les traversent alors que le soleil n’est pas encore levé, surtout en période de reproduction pour les animaux qui y vivent !!! 
Je ne peux qu’être d’accord avec lui.
Mais comme il le précise lui-même, il sait qu’il ne peut rien y changer ! Il a déjà essayé ! En vain !
Ni lui, ni les organisateurs de marches n’arriveront à faire respecter des règles de bon sens à des gens qui n’en ont rien à cirer !
C’est non seulement un manque de respect vis-à-vis des bénévoles qui aiment leur région, qui ont passé une bonne partie de leur temps à préparer et flécher les parcours, à louer la salle et à y préparer de quoi bien recevoir leurs visiteurs afin de faire quelques bénéfices pour les associations dont ils font partie, c’est surtout un manque de respect envers la nature, ce qui est encore plus grave !
Les forêts ne sont plus des territoires où tentent de (sur)vivre des animaux, elles sont apparemment de plus en plus considérées comme terrain de sport et d’entrainement pour que d’autres sauvages y battent des records !
C’est bien triste !

Après ce passage en limite du village, nous reprenons la direction des bois pour une longue ligne droite vers le sud. Nous entrons dans le bois de Goumont pour longer la réserve naturelle du Plateau des Fagnes « La Crépale » et arriver au lieu-dit « Rocher du Diable ».
Les habitués de mes petites randonnées l’auront compris, c’est le moment de ma petite histoire…
La légende raconte que du temps des gaulois, cet endroit servait déjà aux cultes druidiques et à des sacrifices, et qu’au Moyen-Age, les sorciers et sorcières des alentours s’y réunissaient pour y célébrer leur maître, le Diable ! Les plus méchantes langues y auraient même vu des moines !
La légende raconte aussi que celui qui s’y reposera se mariera dans l’année !!! On comprend mieux pourquoi ce rocher s’appelle « Rocher du Diable » 😊 !
J’aurais au moins échappé à cela puisque je ne l’ai pas trouvé le long du chemin que nous empruntons !

En vérité, certains passages étaient « légèrement » boueux et je faisais bien plus attention aux endroits où je devais poser les pieds ! J’avais beau passer d’un côté à l’autre de ces chemins pour éviter de faire des sauts de mouton afin de passer un petit ruisseau ou des passages inondés (on n’a plus 20 ans), j’arrivais toujours à choisir le côté qui était encore pire que celui que je venais de quitter !!!

De là, nous remontons vers le nord pour longer l’autre côté de la réserve naturelle.
Après le passage sous l’autoroute, l’arrivée n’est plus très loin.
L’église est ouverte, une visite s’impose.

Magnifique autel du 17ème siècle et de style Louis XIII

En dégustant une bonne Oster blonde et avant de prendre le chemin du retour, je me renseigne auprès de la charmante préposée à la validation des marches dans les carnets.
Le « Rocher (ou Pierre) du Diable » existe bien  ! Mais l’accès à l’endroit où il se trouve n’est pas aménagé, il n’y a pas vraiment de chemin, les alentours sont en ce moment presque inondés et comme si cela ne suffisait pas pour dissuader les amateurs de diableries, il est difficile à apercevoir sous les broussailles !
Eh oui ! De nos jours, plus personne ne croit aux légendes et la nature y a logiquement repris ses droits ! 
Mais je ne désespère pas de revenir un jour pour le découvrir… quand les chemins seront un peu moins boueux et avec des chaussures un peu plus adaptées ! 😉

Voilà, c’est fini !
A la prochaine les amis ?