Aujourd’hui, je quitte les Fagnes pour un village au nom curieux qui me rappelle mes escapades en Corse, du moins quand on le prononce avec l’accent adéquat, car j’avoue que pour ce coin de Belgique entre Houffalize et la frontière luxembourgeoise, je n’ai aucune idée sur la façon de la prononcer : Cetturu !
La seule histoire que j’ai trouvée en préparant ma marche, c’est celle qui raconte « La légende de la Dame de Cetturu »
Pour faire court, au château de Cetturu, aujourd’hui disparu, vivait une riche héritière, Catherine. Elle était fiancée au seigneur de Tavigny, Wilfrid.
Mais un jour, ce dernier se doit d’accompagner son suzerain en Terre Sainte, pour la croisade visant à libérer Jérusalem des infidèles.
Trois ans plus tard, son écuyer rentre au pays et annonce à la belle Catherine que son maître a disparu au combat. Désespérée, Catherine donne ses biens à l’Eglise et se retire dans un ermitage.
Mais 10 ans se passent, et à la grande surprise de tous, le seigneur Wilfrid revient. En fait, l’annonce de sa mort était ce qu’on appellerait de nos jours une fake news !
Hélas, Catherine est à l’article de la mort.
Apprenant cette nouvelle, Wilfrid, au comble du désespoir, décide d’accompagner sa belle dans la mort. On les retrouvera étendus le lendemain, côte à côte.
On dit encore que les soirs où le vent souffle sur les bois entourant le village de Cetturu, on peut encore entendre les pleurs et les plaintes de Wilfrid et de sa bien-aimée.
Comme je passe par le magnifique village de Tavigny, je ne résiste pas au plaisir de vous montrer le château.

Le point de départ est situé quelques kilomètres plus loin, dans la plus grande salle où je ne suis jamais rendu pour le départ d’une marche ! C’est un grand bâtiment agricole où ont lieu les nombreuses activités qui se déroulent dans le village, du moins en été, quand les vaches prennent le grand air dans les prairies environnantes. Même des mariages ! Eh oui !
Aujourd’hui, il s’agit d’une marche Adeps organisée par le Club Saint Sébastien et dont les bénéfices iront au Télévie.

Malgré l’heure matinale à laquelle j’arrive (07:15), le personnel déjà présent est super sympa.
Le temps que le café passe, je fais le tour du propriétaire.

Ensuite, c’est parti pour 20 km.
Dès le départ, c’est du sérieux. On descend dans la vallée du Rau de Tavigny.
Les pluies de la nuit ont rendu les chemins « légèrement humides » et les quelques marcheurs qui me précèdent en ont fait des pataugeoires. Mais bon, on savait à quoi s’attendre, même si je plains les suivants !



Certaines tronçons sont parfois un peu raides, mais comme d’habitude dans les côtes, je prends mon temps.

Au lieu-dit « Le Hé », une belle vue s’offre à nous, même si au lointain le brouillard a du mal à se dissiper.

Parfois, une petite aide supplémentaire est la bienvenue pour les passages plus délicats. Ceci dit, chapeau au brave qui s’est trimbalé cette palette par ces petits chemins tortueux pour venir la déposer là. 😉



Passage sur l’autre rive du ruisseau pour remonter vers la « Baraque aux Oiseaux ». Il s’agirait d’une petite habitation qui aurait du servir de logement à des ouvriers travaillant au creusement du fameux canal de Bernistap, avec l’idée d’en faire un relais pour les futurs utilisateurs de ce canal ! On sait ce qu’il en est advenu par la suite. Jusqu’alors sous domination hollandaise, mare des envahisseurs (eh oui ! déjà !), révolution de 1830 et fin du rêve de canal qui aurait relié la Meuse au Rhin et maisonnette qui tombe rapidement en ruine et ne sert plus d’abri qu’aux oiseaux !




Petite boucle vers Tomblaine (Tiens ? Après la Corse, un souvenir du Mont Saint Michel)
et ensuite vers les « Blancs Bois » où j’ai le plaisir de pouvoir observer quelques animaux ordinairement bien cachés, comme l’écureuil ou la martre. 😉


Les passages en « hors piste » sont plutôt agréables. Même si… parfois… il faut s’accrocher à quelque chose qui ne glisse pas ! 😉




Bonjour mademoiselle. Enchanté, moi c’est Hughes !

En vue de Tavigny, nous remontons vers le nord en direction de notre point de départ.



Dernière traversée du Rau de Tavigny et des quelques petits affluents qui l’alimentent.


Eh oui ! Cela glisse encore ! A moins que ce soit une œuvre contemporaine de « land art » ?

Mais avant d’arriver, les participants au 20 km ont encore une belle boucle à effectuer vers l’est du village.



A l’altitude la plus élevée de notre parcours, c’est la « steppe » !


Du haut de la colline où je me trouve, je contemple les presque 20 km effectués !

La fin de parcours par des petits chemins bucoliques est agréable.


L’arrivée est la bienvenue.
La dégustation du jour la plus régionale sera une excellente Lupulus blonde.

A bientôt, pour de nouveaux… bains de boue ! 😊
