Ce dimanche, j’avais le choix entre plusieurs destinations. Un petit coup d’œil sur mes cartes pour tenter d’en trouver une qui correspondra à mon état physique actuel porte mon choix sur Arbrefontaine.
La météo prévoit un temps nuageux, mais sans pluie, les dénivelés ne sont pas trop exigeants, et comme au nord du village il n‘y a que des bois, j’espère que les organisateurs auront eu la bonne idée de l’inclure dans l’itinéraire.
Vu le nombre de voitures déjà présentes sur le parking je ne suis pas le premier, mais je fais l’ouverture de la salle avec la préposée de service qui arrive en même temps que moi.
Tant pis pour le petit kaoua matinal.
Je vérifie la carte affichée dans la salle… C’est bon, on va vers le nord !
Et on y va par un beau petit chemin bordé d’un magnifique et très rare chemin de croix aux stations en schiste, aujourd’hui blanchi et qui mène à une petite chapelle toute aussi intéressante. Ce calvaire est déjà noté sur les cartes Ferraris de 1775 et aurait été construit sous la direction d’une ancienne religieuse, Anne Massoz, qui s’était retirée dans le village.



Un peu plus loin, une autre construction qui m’interpelle… ! Il s’agit d’une installation située sur une aire de pique-nique et abritant, en cas de pluie, un barbecue.

Et en parlant de pluie, pas de chance, la voilà qui fait son apparition.
Je sens que ce sera nettement moins agréable que je ne l’espérais en démarrant ce matin !
Tant pis, on entre dans le Bois de Hodinfosse pour rejoindre par divers détours le lieu-dit du Hêtre du Berger !



Ce qui me donne l’occasion de vous raconter l’histoire du berger d’Arbrefontaine.
Gilles-Joseph Marquet, berger à temps plein, mais un peu makré (sorcier) à temps partiel.
On sait qu’il a existé ! Un passeport de 1863 avec son signalement en atteste. D’après ce document, il serait donc né en 1806.
Avec ses nutons, ses loups-garous, ses sorcières, ses rebouteux et autres personnages, l’Ardenne a toujours été une terre de légendes et d’histoires que l’on se racontait lors des longues soirées d’hiver.
Notre berger, comme tant d’autres, faisait partie de ces personnages de légende.
Il passait pour un des meilleurs sorciers de son époque.
Des récits attestent qu’il avait le pouvoir de se changer en animal ou en arbuste pour surprendre ses contemporains, mais rien dans mes lectures ne me permet de penser que c’était avec des intentions malhonnêtes ou méchantes.
Un jour qu’il se préparait à casser la croûte (peut-être sous le hêtre ?) avec le berger de Grand-Sart, il sortit de sa musette deux couverts et tout un festin digne d’un grand seigneur, et planta sa houlette en terre afin d’en faire jaillir à l’autre extrémité une bière des plus savoureuses. Il y a fort à parier que ce jour-là, la bière dut manquer dans une auberge des environs !!!
Sa notoriété lui a valu d’être un jour appelé à Bruxelles par le roi Léopold 1er pour trouver la solution à un problème. Les chevaux du roi mourraient les uns après les autres dans les écuries sans qu’aucune raison ne puisse l’expliquer !
Notre berger passa trois nuits dans les écuries avant de trouver la clef du mystère : un général de la Cour se transformait la nuit en couleuvre et injectait son venin aux chevaux !
L’éloignement du militaire mit fin à ces incidents et tout rentra dans l’ordre !
Aujourd’hui, il n’est plus possible de se reposer à l’ombre de cet arbre magnifique d’une circonférence de plus de 4 mètres, il a été abattu par la foudre en 2013.

La pluie ne cesse pas.
J’arrive dans ce qui est présenté comme étant le « Premier parc éolien forestier ». Les panneaux qui se veulent didactiques fleurissent un peu partout le long de l’ « allée des pylônes électriques ». Comme on n’y apprend pas grand-chose, je pense qu’il s’agissait plus à l’époque d’une compensation pour mieux faire passer la pilule de ce défrichement.



Nous arrivons en vue d’Amcomont et de son château !
Couvert d’ardoises en éternit, il fait peine à voir. Il devait certainement avoir plus fière allure à sa construction au XIXème siècle.

Retour vers le parc publicitaire de Luminus avant d’entamer la dernière partie de la marche.
Petit coup d’œil en arrière pour « admirer » la vue… Tiens ? Aucune éolienne ne tourne !!!
Quelle arnaque cette soi-disant « nature qui les inspire » !

Mais bon, il faut bien avouer qu’un peu avant, de l’autre côté du chemin qui longe le château d’Amcomont, j’avais droit à des vues nettement plus agréables ! J’essaierai donc de ne me souvenir que de celle-là !


La pluie a enfin cessé ! Il est temps, l’arrivée est en vue.
Avant de rentrer, je prends le temps de découvrir la belle petite église Saint-Maurice, avec son plafond en bois peint et ses vitraux dont l’un comporte les noms des 18 prisonniers originaires du village et qui sont revenus vivants des camps de prisonniers allemands à la fin de la deuxième guerre mondiale !




Allez, je vous laisse, il est temps pour moi d’aller me sécher, mais avant de partir, une dernière petite photo…

Humour de curé sans doute ! 😉
