Lors de ma dernière marche, vous vous en souvenez, j’étais à Lamorménil.
De nombreux villages d’Ardenne comportent ménil, mesnil ou encore maisnil dans leur nom.
Pour les distinguer les uns des autres, il a bien fallu leur ajouter un petit mot pour les différencier: petit, grand, bras, blanc, j’en passe et des tout aussi intéressants !
Aujourd’hui je suis donc à Grandménil (étymologiquement vous l’aurez compris : grande ferme), toujours dans la région de la Fagne ardennaise.

La balade commence doucement, principalement parce que nous passons rapidement du village aux bois environnants en empruntant des chemins gorgés d’eau qui ne permettent à personne de courir et en longeant ensuite un beau petit ruisseau : le rau de Mayeni, appelé aussi plus poétiquement l’Amante.
La Fagne n’aura jamais si bien porté son nom. Parcourue en long et en large de petits cours d’eau, elle est comme qui dirait « légèrement » humide ! Et la pluie tombée cette nuit n’arrange rien.

Là où l’eau stagne le plus, il faut bien avouer que c’est assez glissant et garder mon équilibre, même avec mon bâton, nécessite une attention constante.
Dans les côtes, et il y en a quelques belles dans ce premier tiers du parcours, ce sont mes jambes qui souffrent et les pauses-photos sont nombreuses… sans pour autant en prendre plus que d’habitude ! 😉

Le second tiers, même si on est toujours entouré de ruisseaux que l’on peut passer à gué, est un peu plus plat et moins humide.
Nous nous dirigeons vers le nord, vers Chêne-al-Pierre. La « Pierre » pourrait être un monument druidique situé un peu plus au nord du village, Mais nous n’y passerons pas, nous redescendons vers le sud.

Dans un bois au nord de Vaux-Chavanne, une tâche blanche plutôt inattendue attire mon attention dans ce décor plutôt sombre ! Une averse de grêle localisée sur moins de 10 m², ce serait une première, ça ! 😊

En allant étudier cela de plus près, je comprends qu’il s’agit en réalité d’une colonie de minuscules champignons !

Si c’est une première dans le genre, il faudra, je crois, chercher du côté des « ronds de sorcières ».
Concernant ces cercles de champignons, une légende veut que les jeunes qui se mettent à l’intérieur (même involontairement puisqu’il s’étendent parfois sur des dizaines de mètres), pendant la danse des fées, pouvaient y rester enfermés et être envoyés dans leur royaume ou qu’en se plaçant volontairement cette fois au centre lors de la pleine lune on devait faire un vœu en ayant la quasi-certitude d’être exaucé !
Bon, dans le premier cas, je suis trop vieux, et dans le second, il faudrait pour cela que j’écrase ces pauvres petits champignons, sans savoir s’ils sont habités ou non par des schtroumpfs ou des nutons !
Mon petit côté naturophile prend le dessus et je laisse tomber le vœu. D’autant plus que la pleine lune à 11 heures du matin, c’est plutôt rare !!!
Un peu plus loin, nouvelle bizarrerie : une étonnante fourmilière.

Je suppose que les arbres aux alentours ont été coupés récemment et après l’installation de ces braves petite bestioles dans cette souche d’arbre.
A mon avis, à l’approche de l’été, elles vont devoir se trouver rapidement un autre refuge un peu moins exposé au soleil.

Le dernier tronçon du parcours se fait de nouveau dans la boue, surtout après le regroupement des quatre itinéraires (5-10-15 et 20 km).

Je ne vous l’ai pas encore expliqué, mais Grandménil se trouve dans la région de Manhay.
Cela explique les innombrables stèles érigées en souvenir des alliés américains morts dans de violents combats dans cette région d’Ardenne.

Ainsi que le Manhay Historical Museum situé juste devant le local d’arrivée de la marche !
Une bonne bière régionale s’impose. Ce sera une Oster Blonde bien rafraichissante !

Paysages magnifiques, itinéraire impeccablement balisé, parcours parfois un peu difficile (mais après tout, on est là pour cela aussi), personnel sympathique et accueillant, que demander de plus ?
J’ai passé un très bon moment.
A la semaine prochaine, les gens ! 😉