Aujourd’hui, je marche à Saint-Michel-sur-Ourthe.
Ou du moins, dans une commune qui aurait pu s’appeler ainsi.
Une école Saint Michel, une avenue Saint Michel, une église en haut d’un mont…
Tout indiquait que l’église aurait pu être dédicacée à mon Archange préféré.
Bin non, Saint Hubert lui a piqué la place !
L’Histoire nous raconte que l’église actuelle date de 1900, mais les archives parlent déjà d’une église en 1263 sans en préciser quoi que soit, sinon qu’elle tombait en ruine.
Le Don Camillo de l’époque souhaitait que la nouvelle église soit reconstruite sur ces ruines, mais le riche Peppone du coin préférait y ériger sa modeste demeure afin que ses tours soient plus hautes que le clocher du village (voir photo un peu plus bas). L’éternel combat entre l’Eglise et le Pouvoir.
Peppone (ou plutôt Jean-Edouard-Jules VAN PARYS) a gagné et le château de Fy fut construit à l’emplacement de l’ancienne église.
Ce qui me fait penser que si l’ancienne église a toujours été dédiée à Saint Hubert, peut-être y avait-il aussi une chapelle dédiée au culte de Saint Michel. Mais ce n’est qu’une supposition de ma part !



L’itinéraire démarre du réfectoire de l’école et se dirige vers notre fameux boulevard cité plus haut.
Il nous emmène sur les hauteurs, le long d’un beau petit sentier qui entoure la noble propriété, avant d’amorcer un retour dans la vallée de l’Ourthe à proximité du tunnel ferroviaire.


Un petit coup d’œil en arrière sur un tronçon le long de la berge nous permet de voir le château et l’église et visualiser l’anecdote racontée un peu plus haut.

A hauteur de l’Ile de la Venne, nous remontons vers le plateau en direction de Flagothier, mais non sans avoir auparavant effectué une boucle spéciale 20 km qui me sépare du gros de la troupe. Il fait chaud, mais heureusement, quelques tronçons boisés sont des intermèdes rafraîchissants.


En cours de route, une drôle de boite aux lettres attire mon attention.
Comme le proprio est dans son jardin, je me renseigne. Il s’agit en fait d’une ancienne trayeuse suspendue par une ceinture qui entourait le corps de la vache. J’apprendrai plus tard qu’elle était actionnée par une pompe à vide et fabriquée en Belgique entre 1939 et 1960 par les établissements Melotte, connus dans de nombreux pays d’Europe.


A la sortie du hameau, une distribution d’eau bienvenue est la bienvenue.
Une centaine de mètres plus haut, un petit attroupement. On a droit à une altercation entre un marcheur et le fermier voisin.
Voyant le chemin barré par une clôture, l’homme pressé a préféré entrer dans la prairie pour continuer son chemin.
En fait, le fermier, pour faire traverser le chemin à son troupeau afin qu’il aille paître dans la prairie, a ouvert la clôture afin d’éviter que ses bêtes ne s’éparpillent et aillent bien dans la direction voulue. Comme cela arrive souvent, les autres marcheurs eux ont attendu que le fermier ait trerminé sa besogne.
D’où l’empoignade entre ce marcheur, qui a dû faire tout au plus une centaine de mètres dans le pré avant de se rendre compte qu’il s’était trompé et que les vaches arrivaient sur lui, et ce fermier !!!
Voyant que la discussion va vraiment un peu trop loin (l’un des deux se retrouve par terre) avec l’aide de Saint Michel et de mon gros bâton de marche, je m’interpose pour séparer et calmer les deux protagonistes qui reviennent chaque fois à la charge !
Avant que cela ne s’envenime encore plus, je réussis enfin à faire continuer sa route au marcheur et à discuter un peu avec l’agriculteur. Du moins le temps que le premier s’éloigne suffisamment.
Eh oui ! C’est un autre éternel problème: l’irrespect et l’incompréhension entre ceux qui s’amusent et ceux qui travaillent ! Et cela ne va souvent que dans un seul sens ! C’est dommage !

On continue.
Un peu plus loin, une flèche m’indique que je continue sur l’itinéraire des 10 km !
Bon sang, je m’a trompé !!!
Par inattention, j’ai raté la bifurcation 15-20 au ravitaillement en eau !!!
Je préfère imaginer que c’est Saint Michel qui a guidé mes pas pour aller sauver le monde !
Allez, hauts les cœurs, je reviens sur mes pas pour prendre une petite photo explicative du « lieu du combat ». Cela n’a apparemment pas traumatisé les vaches ! Tant mieux ! Je peux reprendre le bon chemin toujours vers l’est.
Tiens une houblonnière ! Cela n’a rien d’étonnant dans une région où les micro-brasseries poussent plus vite que leur ombre !

A un peu plus de la moitié du chemin, nous prenons la direction du retour.
La température est de plus en plus élevée, je pressens que la suite va être pénible !
Une grande partie du reste du trajet se fait sous un soleil de plomb et ce ne sont pas les quelques portions boisées qui vont me requinquer le moral.


Je marche le plus possible à l’ombre d’un mur ou d’une haie, je m’arrête le plus souvent possible, et je bois un peu trop vite le litre d’eau emporté. Il me reste toutefois une petite bouteille d’un demi-litre en réserve.
Hélas, je sens que cela ne va pas trop bien. Mes jambes se lèvent difficilement, j’ai des crampes dans les mollets, des vertiges lorsque je me remets debout et ma respiration est difficile. Pas de doute, je m’offre le luxe d’une insolation ! Ou au mieux, d’un début d’insolation !
Mais bon, il faut bien repartir. Je zappe la deuxième petite boucle prévue sur le 20 km pour rejoindre l’arrivée avec ceux du 15 km.

Dernier petit break au chateau de Fy pour terminer ma réserve d’eau.

Après le cimetière quelque peu déprimant quand le moral n’y est plus trop, le grand bâtiment désaffecté en face de l’école fait plaisir à voir.
Ouf ! Je suis arrivé !

Dans la salle, il me faut au moins 5mn assis à ne rien faire pour reprendre un peu mon souffle et retrouver un semblant d’allure normale.
Je m’offre une bière inédite : une Bitchette, dérivé du nom d’une embarcation à fond plat qui naviguait sur l’Ourthe lorsqu’elle était canalisée et qui convoyait des marchandises depuis La Roche pour les acheminer ensuite jusque Liège et les Pays-Bas par la Meuse.
Je parle bien entendu de la bétchette, dont j’ai commencé une maquette, il y a déjà un certain temps et que je dévoile en avant-première en cadeau pour les braves qui me font le plaisir de me suivre. En longueur, elle fait la moitié de sa taille normale à l’échelle. C’est la seule solution que j’ai trouvée pour ne pas devoir doubler la taille de mon diorama ! 😊
Elle n’est pas terminée (le diorama non plus) mais cela commence à ressembler à quelque chose.


Mais il est temps de reprendre la route !
Comme je ne suis pas certain de retrouver, dans les minutes qui suivent, la forme de ce matin, je préfère ne pas prendre trop de risques et zapper une visite de musée prévue.
Mais bon, vous le savez, ce n’est que partie remise et il y a des chances pour que je vous en parle lors d’une prochaine visite dans les environs, mais sous une météo un peu plus acceptable pour moi !
